
Deux enquêtes distinctes, menées par des instituts réputés en Thaïlande, dressent un constat sans appel : face aux inondations de septembre à Bangkok, le gouverneur Chadchart Sittipunt et les volontaires sortent renforcés, tandis que le Premier ministre Anutin Charnvirakul est relégué en bas de classement.
🟢 Le sondage NIDA
Réalisé par téléphone auprès de plus de 1 300 habitants de Bangkok, il s’est concentré sur les acteurs jugés dignes de reconnaissance. Résultat : les fondations, équipes de secours et bénévoles arrivent largement en tête (près de la moitié des répondants). À l’inverse, 30 % estiment qu’aucun acteur ne mérite d’éloges. Chadchart recueille un soutien notable, mais limité (16 %). Le gouvernement et Anutin ferment la marche avec à peine 1,7 % d’approbation.
🟢 Le sondage Suan Dusit
Mené à l’échelle nationale auprès de 1 254 personnes, il a demandé aux sondés de noter les institutions et responsables sur dix. Les militaires locaux obtiennent la meilleure moyenne (6,37), suivis de Chadchart (5,44) et du Département de prévention des catastrophes (4,74). Le gouvernement et Anutin se retrouvent en queue de peloton, avec respectivement 3,34 et 3,08 points. Les organisateurs soulignent que, tout comme les maisons ont été endommagées par les eaux, la crédibilité de l’exécutif a été sérieusement entamée.
Un verdict sévère pour l’État
Les critiques convergent : avertissements tardifs, drainage inefficace, aides trop lentes et procédures compliquées. Plus de 70 % des sondés reprochent au gouvernement de ne pas avoir alerté à temps, et près de deux tiers dénoncent une assistance insuffisante. Les attentes sont claires : secours rapides, amélioration des canaux, plans de prévention à long terme et meilleure coordination entre agences.
Une crise toujours en cours
Au 11 octobre, le Département de prévention des catastrophes recensait encore plus de 3,1 millions de personnes affectées dans 21 provinces et Bangkok. Les opérations de pompage et de nettoyage se poursuivent, tandis que les autorités se préparent à de nouvelles pluies.
Un double signal politique
Ces deux sondages, menés par des instituts sérieux et reconnus, convergent vers la même conclusion : la population distingue nettement les efforts locaux et bénévoles, jugés efficaces, de la réponse gouvernementale, perçue comme défaillante. Chadchart en sort renforcé, Anutin fragilisé. Dans un pays régulièrement confronté aux catastrophes naturelles, la confiance dans les institutions reste un enjeu vital.



