
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a présenté jeudi soir, lors d’un dîner-débat à Nonthaburi, sa stratégie pour éradiquer la corruption. Devant responsables politiques et acteurs économiques, il a insisté sur trois principes : fermer les opportunités de fraude, ouvrir les voies de contrôle et empêcher toute intervention pour protéger les coupables. Objectif affiché : garantir que les citoyens et fonctionnaires honnêtes ne soient plus désavantagés face aux réseaux corrompus.
Anutin a rappelé que la corruption mine non seulement les finances publiques mais aussi la confiance des citoyens et des investisseurs. Il a pris pour exemple la fraude massive aux examens de recrutement dans les administrations locales, où des copies avaient été manipulées et des flux financiers organisés en réseau. « Ceux qui se préparent sérieusement à l’examen ne doivent pas perdre leur chance », a-t-il martelé, soulignant le risque d’avoir des fonctionnaires recrutés par des moyens illégitimes.
Le Premier ministre a détaillé ses trois axes. Fermer les opportunités de fraude passe par une meilleure répartition des pouvoirs, des procédures transparentes et des contrôles dès la définition des règles, notamment pour les licences et marchés publics. Ouvrir les voies de contrôle implique de renforcer la transparence, d’autoriser les vérifications internes et externes, et d’utiliser les nouvelles technologies : systèmes électroniques de passation de marchés, données financières, intelligence artificielle pour détecter les anomalies. Enfin, empêcher toute intervention pour protéger les coupables signifie appliquer la loi sans exception, poursuivre les donneurs d’ordre et confisquer les biens liés aux réseaux de corruption.
Anutin a insisté sur l’importance d’un cadre équitable : un citoyen qui refuse de payer un pot-de-vin doit obtenir son service, une entreprise qui ne recourt pas aux « relations avec les puissants » doit pouvoir concourir loyalement, et un fonctionnaire qui refuse un ordre illégal doit être protégé. Il a également évoqué l’ambition d’aligner la Thaïlande sur les standards de l’OCDE en matière de transparence et de gouvernance, afin de créer un « nouveau normal » pour un développement durable.
En conclusion, le chef du gouvernement a invité la population à juger sur pièces : la corruption recule-t-elle ? Les contrôles sont-ils plus efficaces ? Les puissants sont-ils réellement inquiétés ? Il a assuré que l’exécutif travaillera avec tous les acteurs pour que l’intégrité devienne une règle tangible et que les citoyens honnêtes puissent progresser dans une Thaïlande débarrassée de la corruption.
Anutin dirige une entreprise ayant remporté de nombreux marchés publics, tandis que certains membres de son parti, le Bhumjaithai, ont été accusés — peut‑être à tort — de corruption. Lui‑même n’a jamais été directement visé par ces soupçons ni associé aux rumeurs.



