
La Thaïlande hausse le ton face à l’escalade des combats le long de sa frontière avec la Birmanie. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a annoncé que Bangkok avait officiellement fait part de ses préoccupations aux autorités birmanes, tout en renforçant les mesures de sécurité dans les provinces frontalières.
S’exprimant lundi à l’hôpital de Nong Khai, Anutin a répondu aux critiques de l’opposition qui réclamaient une réaction plus ferme du gouvernement après plusieurs affrontements opposant l’armée birmane à des groupes armés karens près de la frontière thaïlandaise.
Selon lui, la Thaïlande a déjà agi à la fois sur les plans diplomatique et militaire. Les inquiétudes de Bangkok ont notamment été relayées auprès du gouvernement birman par le commandant suprême des forces armées thaïlandaises ainsi que par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Les autorités thaïlandaises demandent à Naypyidaw de veiller à ce que les combats n’affectent ni le territoire thaïlandais ni les populations civiles vivant de part et d’autre de la frontière.
« Ces affrontements n’ont rien à voir avec la Thaïlande ou le peuple thaïlandais », a déclaré Anutin, tout en soulignant que l’armée avait reçu pour instruction de protéger la souveraineté nationale sans provoquer d’escalade militaire.
Le chef du gouvernement a reconnu que le conflit avait déjà eu certaines répercussions côté thaïlandais. Des explosions sont régulièrement entendues à proximité de la frontière et plusieurs incidents ont alimenté les inquiétudes des habitants des provinces concernées.
Face à cette situation, les autorités ont renforcé les patrouilles et accru l’état d’alerte des unités stationnées dans les zones sensibles. Cette démonstration de vigilance s’est notamment traduite par le déploiement de deux chasseurs F-16 de l’armée de l’air thaïlandaise au-dessus du district de Mae Sot, dans la province de Tak.
La mission, menée le 1er novembre, visait à surveiller l’espace aérien frontalier et à démontrer la capacité de réaction des forces thaïlandaises. Les habitants avaient été prévenus à l’avance du passage des appareils afin d’éviter tout mouvement de panique lié au bruit important des avions de combat.
Concernant les réfugiés birmans qui continuent de fuir les affrontements, Anutin a assuré que la Thaïlande poursuivrait son assistance pour des raisons humanitaires. Il a également précisé qu’aucun rapatriement forcé ne serait entrepris tant que les combats se poursuivraient.
Alors que l’instabilité persiste de l’autre côté de la frontière, Bangkok cherche ainsi à maintenir un équilibre délicat : afficher sa fermeté en matière de sécurité tout en évitant d’être entraînée dans un conflit qui ne la concerne pas directement.



