
La Thaïlande rejette fermement les accusations du Premier ministre cambodgien Hun Manet, qui affirme que des troupes thaïlandaises occupent encore des zones de son pays malgré le dernier cessez-le-feu signé en décembre sous l’égide de la Chine et les incitations de Donald Trump.
La version thaïlandaise
Selon l’armée, les soldats déployés le long de la frontière respectent l’accord conclu fin 2025. Le porte-parole, le général Winthai Suvaree, explique que le maintien des positions est prévu par la clause 2 du texte, et qu’il s’agit de mesures de sécurité pour protéger civils et militaires. Les containers et barbelés installés seraient des dispositifs temporaires destinés à éviter de nouveaux affrontements.
Des accusations jugées infondées
Bangkok affirme que les zones évoquées par Phnom Penh appartiennent historiquement à la Thaïlande. Les autorités rappellent que des civils cambodgiens avaient déjà franchi la frontière pour s’installer illégalement, provoquant des tensions. Pour l’armée, il ne s’agit donc pas de personnes déplacées, mais de violations répétées de la souveraineté thaïlandaise.
Une crise multidimensionnelle
Alors que Hun Manet tente de mobiliser la communauté internationale et demande à la France de fournir les cartes historiques, la Thaïlande met en avant un autre dossier : les escroqueries en ligne. Le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow a profité de la tribune du Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour dénoncer les cyberfraudes opérées depuis le Cambodge, qui touchent des victimes dans le monde entier. En ramenant le débat sur ce terrain, Bangkok cherche à se présenter comme un acteur responsable et engagé dans la protection des droits humains.
Escalade militaire et diplomatique
Sur le terrain, l’armée thaïlandaise signale des mouvements de troupes cambodgiennes dans la région d’Ubon Ratchathani, où près de 10 000 soldats auraient été déployés. Les incendies de forêt côté cambodgien compliquent encore la situation, menaçant les bases thaïlandaises. À l’international, Sihasak doit rencontrer des responsables de l’UNESCO et participer à une session du Conseil des droits de l’homme à Genève, où il entend mettre en avant la lutte contre les escroqueries numériques.
Un équilibre fragile
Le secrétaire général du Conseil d’État thaïlandais, Pakorn Nilprapunt, a déclaré que l’annulation du protocole d’accord signé en 2001 avec le Cambodge (MoU 44), concernant le partage des eaux dans le golfe de Thaïlande, est possible en principe. Il a précisé que le Premier ministre Anutin Charnvirakul a demandé au ministère des Affaires étrangères d’étudier cette option. Toute décision devrait respecter le droit international et les accords conclus lors de réunions bilatérales, ce qui implique un processus formel. Pakorn a ajouté qu’en cas de rupture, les deux pays devraient décider s’ils repartent « de zéro » pour établir de nouvelles règles.



