
Les électeurs de Bangkok et Pattaya ont choisi la continuité dimanche, en reconduisant leurs maires sortants pour un nouveau mandat. Dans la capitale, Chadchart Sittipunt a largement dominé le scrutin, tandis qu’à Pattaya, Poramet Ngampichet s’est assuré une avance confortable. Deux victoires qui confirment la popularité des sortants et dessinent les contours politiques des quatre prochaines années.
Chadchart bat son propre record à Bangkok
À Bangkok, le gouverneur sortant Chadchart Sittipunt, 60 ans, a obtenu 1,44 million de voix, soit 68 % des suffrages, alors que la presque totalité des bulletins étaient pris en compte. Ce score dépasse son propre record de 2022 (1,39 million de voix) et le place loin devant ses rivaux : Mallika Boonmeetrakul Mahasuk, indépendante précédemment proche du Parti démocrate (13 %), Chaiwat Sathawornwichit du Parti du peuple (8 %) et Anucha Burapachaisri officiellement Parti démocrate (5 %). C’est une lourde défaite pour les partis politiques établis et la confirmation que les Bangkokiens suivent des candidats indépendants aux idées progressistes.
Indépendant, ingénieur civil et universitaire, Chadchart a promis de poursuivre son action en misant sur la transparence et l’usage des technologies pour améliorer la gestion urbaine, l’éducation et la santé. « Le but des quatre prochaines années n’est pas de publier des bilans, mais de prouver aux habitants que leur vie s’améliore réellement », a‑t‑il déclaré.
Ses adversaires ont reconnu la victoire. Mallika a salué « l’espoir de changement » exprimé par ses électeurs, tandis que Chaiwat a rappelé que son parti espérait peser via ses conseillers municipaux.
Un Conseil métropolitain fragmenté
Le scrutin a aussi renouvelé les 50 sièges du Conseil municipal de Bangkok. Le Parti du peuple arrive en tête avec 22 élus, suivi du groupe « Bangkok Possible » (11 sièges), des Démocrates (8), du Pheu Thai (4), du collectif « Balanced Life » (4), de trois indépendants et du groupe « New Better Bangkok » (2).
Cette configuration reflète une diversité politique, mais aussi l’émergence de collectifs se revendiquant apolitiques, comme « Bangkok Possible », qui prône une approche technocratique et pragmatique. Ce groupe s’est fortement aligné sur le programme urbain de Chadchart, renforçant l’idée d’une gouvernance centrée sur l’efficacité et la transparence. Avec le Parti du peuple en tête et un parti proche du gouverneur en second, les Bangkokiens confirment leur volonté de modernité, loin des « élites » qui dirigent la Thaïlande.
Poramet confirmé à Pattaya
À Pattaya, le maire sortant Poramet Ngampichet, soutenu par le groupe local Rao Rak Pattaya (Nous aimons Pattaya), a obtenu 19 319 voix (60,7 %), contre 11 044 (34,7 %) pour son principal rival, Ittiwat Watanasathorn du Parti du peuple.
Avec un taux de participation de 41 %, Poramet s’assure un second mandat, sous réserve de la certification officielle de la Commission électorale.
La victoire de Poramet confirme l’emprise durable du clan Khunpluem sur la politique locale. Depuis des décennies, cette famille règne sur la province de Chonburi. Son patriarche, Somchai, décédé en 2019, avait bâti son pouvoir sur des réseaux de clientélisme, mais sa carrière fut entachée par la corruption et un lourd passé judiciaire. Reconnu coupable d’homicide, il a passé plusieurs années derrière les barreaux. À Pattaya, c’est la politique à l’ancienne qui prévaut.
Continuité et attentes
Ces deux réélections traduisent une volonté des électeurs de miser sur la stabilité. À Bangkok, Chadchart devra composer avec un Conseil fragmenté, mais son image d’indépendant pragmatique lui confère une marge de manœuvre. À Pattaya, Poramet consolide son ancrage local, mais devra répondre aux attentes d’une ville en pleine mutation, entre tourisme, sécurité et développement urbain.



