
Après quatre jours de débats intenses, la Chambre des représentants thaïlandaise a adopté jeudi 10 septembre 2026 au soir, en troisième et dernière lecture, le projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Le texte, d’un montant total de 3,788 trillions de bahts, a été approuvé par 338 voix contre 144, avec deux abstentions et un député n’ayant pas pris part au vote. La séance, présidée par le président de la Chambre Sophon Saram, s’est achevée à 20h38. Le projet est désormais transmis au Sénat, qui doit l’examiner dès le 11 septembre.
Durant les débats, plusieurs points sensibles ont été soulevés. Le député du People’s Party, Parit Wacharasinthu, a vivement critiqué la demande de 2,7 milliards de bahts formulée par la Commission électorale (EC). Selon lui, ces fonds risquent de servir à « des dérives démocratiques » plutôt qu’à protéger le processus électoral, dans un contexte marqué par des soupçons d’influence politique lors de la sélection des sénateurs. Parit a ciblé la 36e sous‑commission, accusée d’avoir écarté des preuves clés pour protéger certains responsables. Ses propos ont provoqué de vives protestations des députés du Bhumjaithai, dont Suphachai Jaismut, qui l’a mis en garde contre la divulgation de documents confidentiels. Le président de séance a dû rappeler Parit à l’ordre pour qu’il reste concentré sur l’agenda budgétaire.
Autre sujet de discussion : la hausse de 6,8 % du budget des agences royales, porté à 9,904 milliards de bahts. La députée Sirikanya Tansakul, également du People’s Party, a expliqué que cette augmentation correspondait à l’élargissement des effectifs, passés de 14 000 à 16 000 personnes en trois ans, en raison de nouvelles embauches, promotions et transferts. Elle a reconnu que ces coûts incompressibles relevaient des règles de la fonction publique et n’a pas formulé d’objection, permettant l’adoption de la section sans vote formel.
Au‑delà des polémiques, le budget 2027 repose sur des prévisions de croissance économique de 1,7 à 2,7 %, selon le Conseil national de développement économique et social. Les autorités misent sur la reprise du commerce mondial, la consommation intérieure et l’investissement privé, soutenus par des dépenses publiques ciblées. Un fonds central de 12 milliards de bahts est prévu pour atténuer les effets de la crise énergétique et accompagner la transition vers les énergies propres et renouvelables.
Les risques demeurent toutefois élevés : tensions persistantes au Moyen‑Orient, incertitudes liées aux politiques commerciales des grandes puissances et impacts du changement climatique. L’inflation est attendue entre 0,5 et 1,5 %, tandis que la balance courante devrait afficher un excédent de 1,6 % du PIB.
Avec ce vote, le gouvernement franchit une étape cruciale. Mais les critiques de l’opposition sur la transparence et l’efficacité des allocations laissent présager de nouveaux débats au Sénat et dans l’opinion publique. Le budget 2027 apparaît ainsi comme un test majeur de la capacité de l’exécutif à concilier relance économique, stabilité politique et gestion des crises.



