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Sondhi relance l’agitation avec une tournée nationale, faut-il s’en inquiéter ?

Geo Valin 11 Sep 2026
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L’ancien leader des « Yellow Shirts » ou « chemises jaunes », Sondhi Limthongkul, a donné jeudi 10 septembre 2026 le coup d’envoi de son nouveau mouvement politique baptisé « Take Back Our Thailand » ou « Rendez nous notre Thaïlande ». La première étape de cette tournée multi‑provinciale s’est tenue devant l’ambassade d’Israël à Bangkok, quelques jours après la condamnation et l’expulsion d’un ressortissant israélien par le tribunal de Koh Samui.

Aux côtés de Sondhi figuraient Pichit Chaimongkol, chef du Student and People Network for Reform of Thailand, et Nitithorn Lamluea, représentant du People’s Unification Group, des mouvements ultra conservateurs. Tous trois ont insisté sur le fait que l’objectif n’était pas de renverser le gouvernement mais de faire pression sur lui. « Si le gouvernement échoue, il ne peut rester en place », a déclaré Sondhi, promettant de cibler des dossiers précis au fil de sa tournée.

Le pouvoir affiche déjà une forte orientation nationaliste. Les courants ultra‑conservateurs semblent vouloir profiter de ce climat favorable pour pousser leur agenda jusqu’à des extrêmes difficilement concevables, au point de menacer le statut même des étrangers en Thaïlande.

Interrogé sur l’absence de Buriram dans son itinéraire, Sondhi a expliqué que la province était déjà « monopolisée » par Seripisut Temiyavej, chef du Thai Liberal Party, engagé dans un bras de fer judiciaire avec Newin Chidchob, figure du Bhumjaithai, au sujet de terrains liés au complexe sportif Chang.

Le mouvement ne se limite pas à Israël. Sondhi a annoncé qu’il organiserait un forum public à Chonburi pour dénoncer les « capitaux gris » ou « mafias » et les affaires illicites liées à des intérêts chinois. Il a également évoqué des menaces venues du Cambodge, du Myanmar, de l’Inde et de la Russie, inscrivant son action dans une campagne nationaliste plus large contre toute influence étrangère.

Selon le journaliste Erich Parpart, cette mobilisation n’est pas centrée sur Gaza, malgré les slogans affichés. « Gaza a été ajouté pour élargir l’attrait du mouvement et lui donner une couverture droits humains, mais son moteur reste le nationalisme et la politique intérieure », écrit‑il. Parpart souligne que les leaders impliqués – Panthep Puapongpan, Nitithorn Lamluea et Pichit Chaimongkol – sont des vétérans des campagnes anti‑Thaksin et royalistes, sans antécédents de mobilisation pour la cause palestinienne.

Leur rhétorique reprend les thèmes habituels : corruption, collusion lors des élections sénatoriales, projets de centres de données, spéculations sur le pétrole ou encore litiges territoriaux avec le Cambodge. Israël apparaît comme une cible parmi d’autres, dans une stratégie plus vaste de dénonciation des ingérences étrangères.

Parpart insiste enfin sur le caractère problématique du langage employé. Lors d’une conférence de presse le 7 septembre, Sondhi a déclaré que sa lettre « blesserait les Juifs autant qu’Israël », brouillant la distinction entre un État, une nationalité et une communauté religieuse mondiale. Le panneau « Jews Out » brandi lors du rassemblement a été qualifié d’antisémite par plusieurs observateurs.

Au‑delà des slogans, cette tournée illustre la volonté de Sondhi de revenir au premier plan politique en exploitant les inquiétudes liées à la souveraineté et à la corruption. Sondhi, âgé et relativement isolé, n’aurait pas pu lancer seul ce mouvement. Il apparaît davantage comme la figure mise en avant d’une mobilisation plus vaste, orchestrée par des extrémistes dont les intentions restent floues et dont la trajectoire pour la Thaïlande demeure incertaine. Il faut garder à l’esprit que l’agitation orchestrée par les ultra‑nationalistes débouche presque toujours sur des coups d’État. Reste à savoir si ce mouvement parviendra à mobiliser au‑delà de ses cercles nationalistes traditionnels.

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