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Sondhi relance les grandes manifestations, cette fois contre Israël et les mafias

Geo Valin 10 Sep 2026
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L’ancien leader des « chemises jaunes », Sondhi Limthongkul, a repris jeudi le chemin des manifestations en lançant sa campagne « Take Back Our Thailand » ou « rendez-nous notre Thaïlande » devant l’ambassade d’Israël à Bangkok. À 78 ans, le vétéran des mobilisations anti‑Thaksin des années 2000 entend désormais dénoncer les « abus » des étrangers et les scandales du gouvernement actuel.

Dès 8 h 45, une centaine de partisans se sont rassemblés devant l’immeuble Ocean Tower 2, où se trouve la mission diplomatique israélienne. Drapés de drapeaux thaïlandais, ils ont écouté des discours enflammés depuis deux pick‑up ornés du slogan de la campagne. La police avait installé des portiques de sécurité et bloqué une voie de circulation, mais l’accès au bâtiment est resté ouvert pour les employés.

Le rassemblement visait officiellement à remettre une lettre condamnant Israël et demandant l’expulsion de ressortissants jugés « problématiques » en Thaïlande. Sondhi a accusé certains Israéliens d’utiliser des prête‑noms thaïlandais pour contrôler illégalement des terres et des entreprises, notamment à Koh Phangan et Phuket. Il a également dénoncé la corruption, les retards dans les compensations des inondations à Hat Yai et l’implantation de centres de données étrangers.

Le ton du leader ultranationaliste a toutefois été marqué par des propos antisémites, avec des pancartes hostiles aux Juifs visibles dans la foule. Cette rhétorique, déjà présente lors de l’annonce de la campagne lundi, suscite l’inquiétude des observateurs qui y voient une résurgence d’un discours xénophobe.

Sondhi a promis que son mouvement ne chercherait pas à renverser le gouvernement ni à organiser de sit‑in prolongés. Mais il a menacé d’une mobilisation plus large si la Commission électorale décidait, le 14 septembre, d’abandonner ou de limiter les poursuites dans l’affaire de collusion autour des élections sénatoriales de 2024. Selon lui, l’impunité de certaines figures puissantes minerait la confiance dans la justice.

Autour de lui, plusieurs figures connues du camp royaliste et nationaliste, comme Panthep Puapongpan ou l’avocat Nitithorn « Nok Khao » Lamluea, ont pris la parole pour dénoncer l’influence étrangère et appeler à « rendre la Thaïlande aux Thaïlandais ».

Le chanteur national Aed Carabao, de son vrai nom Yuenyong Opakul, a annoncé sur Facebook avoir terminé l’enregistrement d’une nouvelle chanson intitulée « D’où viennent les Juifs ? ». Il dit vouloir aborder la question des groupes israéliens accusés de s’implanter dans des zones touristiques thaïlandaises comme Pai (Mae Hong Son) et Koh Phangan (Surat Thani). Inspiré par la campagne « Take Back Our Thailand » lancée par Sondhi Limthongkul, il a décidé de soutenir ce mouvement par sa musique. Le morceau conclut que « les Israéliens ne sont pas Thaïlandais et la terre thaïlandaise n’est pas Israël », appelant à défendre la souveraineté nationale.

Cette nouvelle campagne rappelle les grandes heures des « chemises jaunes », qui avaient contribué à polariser la vie politique au début des années 2000. Mais elle intervient dans un contexte différent : le gouvernement du Premier ministre Anutin Charnvirakul affiche lui‑même une ligne nationaliste et promet de défendre la souveraineté. La question reste donc de savoir pourquoi Sondhi choisit de cibler un exécutif qui revendique des objectifs proches des siens.

Au‑delà de cette poussée d’antisémitisme, il n’existe aucune preuve que les Israéliens soient davantage impliqués dans des délits ou des fraudes que les Français ou les Chinois. Dans un pays dont le gouvernement se montre déjà réticent à accueillir les étrangers, cette focalisation risque de nourrir une dérive xénophobe.

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