
Cinq membres des forces paramilitaires thaïlandaises ont été abattus mardi soir lors d’une attaque menée par un groupe d’insurgés dans la province de Narathiwat, au sud du pays. L’assaut s’est produit vers 18h45 au poste de contrôle municipal de Bukeh Sami, situé dans le district de Ra-ngae.
Selon les autorités, six assaillants vêtus de tenues noires et se faisant passer pour des agents de sécurité ont ouvert le feu depuis un pick‑up Nissan noir à quatre portes. Ils ont également lancé des engins explosifs artisanaux avant de prendre la fuite en direction de Dusongnyo.
Le bilan est lourd : cinq rangers ont perdu la vie — dont le sergent‑major Theerayut Somakerd et quatre volontaires, Sakiriya Cheh‑na, Wimol Dabthong, Natthasit Kaewsena et Salahudin Pi. Deux civils ont été blessés, parmi eux un garçon de dix ans, hospitalisé en urgence.
Dans le contexte thaïlandais, un « ranger » désigne un membre des Thahan Phran, une force paramilitaire légère rattachée à l’armée royale thaïlandaise. Ces unités, créées en 1978, sont spécialisées dans la lutte contre les insurrections et la surveillance des zones frontalières.
Des images de vidéosurveillance diffusées par YalaToDay montrent les assaillants tirant en rafale et lançant des bombes artisanales sur le checkpoint. L’attaque survient moins de 24 heures après l’explosion d’une voiture piégée près de l’ancien commissariat de Tanyong, qui n’avait heureusement fait aucune victime.
Les forces de sécurité ont immédiatement bouclé le secteur et lancé une vaste opération de ratissage. Les enquêteurs collectent des preuves sur place tandis que les unités locales ont reçu l’ordre de renforcer la vigilance. Les autorités provinciales assurent vouloir restaurer la confiance de la population en multipliant les patrouilles et en durcissant les mesures de sécurité.
Cette nouvelle attaque illustre la persistance de la violence dans le sud thaïlandais, où les provinces de Narathiwat, Yala et Pattani restent régulièrement le théâtre d’affrontements liés à l’insurrection séparatiste.
La dernière attaque de grande ampleur remonte à 2019 à Yala où 15 volontaires de défense avaient été tués.
Ce climat de tension qui rappelle que, malgré les efforts de pacification, la région demeure fragile et exposée à des violences soudaines. Les autorités promettent de communiquer davantage de détails au fur et à mesure de l’enquête.



