
Le gouvernement thaïlandais veut frapper fort contre la hausse des prix alimentaires : proposer un repas complet à 40 bahts (environ 1,05 €). L’initiative, baptisée « Khao Kaeng à 40 bahts », prévoit de subventionner les restaurants pour qu’ils servent un plat de riz accompagné d’un curry ou d’un autre mets populaire à prix fixe. Mais derrière l’annonce, restaurateurs et consommateurs s’interrogent sur la viabilité du projet.
Un plat bon marché, mais pas encore lancé
Le ministère du Commerce présente ce programme comme une réponse à la crise du coût de la vie. Les plats de rue coûtent désormais souvent plus de 50 bahts, un fardeau pour les travailleurs au revenu modeste. L’idée est donc de ramener le prix à 40 bahts grâce à des subventions versées aux vendeurs enregistrés. Le projet est encore en discussion et le chiffre de 40 bahts reste indicatif.
Les critiques des restaurateurs
Pour l’Association des restaurants, présidée par Thaniwan Kulmongkol, la mesure est trop ponctuelle. Une fois les quotas atteints ou les subventions terminées, les prix risquent de repartir à la hausse. Elle propose plutôt de connecter directement les restaurants aux grossistes afin de réduire durablement le coût des matières premières. Une plateforme centralisée permettrait de mutualiser les commandes et de négocier de meilleurs tarifs.
Les restaurateurs demandent aussi des prêts à faible taux pour les établissements de taille moyenne, exclus des programmes actuels de co‑paiement. Le dispositif « Thai Chuay Thai Plus », qui subventionne une partie des repas, a certes boosté les ventes des petits vendeurs (+20 %), mais il doit s’arrêter en septembre.
Pour les consommateurs : une aide bienvenue, mais pas suffisante
Un plat à 40 bahts reste attractif : c’est rapide, pratique et bon marché. Mais cuisiner chez soi peut être encore plus économique et sain.
- Un kilo de riz (35 bahts) fournit une dizaine de portions.
- Avec des légumes frais et un peu de viande ou tofu, on obtient un repas complet et sain pour 20 – 25 bahts par personne.
- Avantage : contrôle des ingrédients, moins de sel et d’huile, plus de variété.
Autrement dit, le plat subventionné soulage le portefeuille, mais la cuisine maison reste la meilleure option pour manger mieux et moins cher. D’autant que, lorsque vous achetez votre sachet de curry, il faut savoir que la grande marmite est restée des heures sur l’étal du marché.
Un enjeu politique et social
Le gouvernement veut montrer qu’il agit face à la crise, mais les critiques rappellent que la vraie réforme passe par une meilleure organisation des filières alimentaires. Tant que les restaurants dépendront de matières premières chères et de marges fragiles, les prix resteront volatils.
Le plat à 40 bahts est une mesure symbolique et populaire, mais il ne résout pas les problèmes structurels du secteur. Pour les ménages, c’est une bouffée d’air. Pour les restaurateurs qui, rappelons-le, ne roulent pas l’or, cela reste une solution temporaire. Et pour l’avenir, la clé reste de mieux connecter producteurs, grossistes et consommateurs, tout en encourageant la cuisine maison.



