
La police et les douanes thaïlandaises ont mené coup sur coup deux opérations majeures contre le trafic de stupéfiants, révélant l’ampleur des réseaux transnationaux qui utilisent le pays comme plateforme d’exportation. Crystal meth dans des bocaux de tamarin et cannabis caché dans des couvertures : les trafiquants rivalisent d’ingéniosité, mais les autorités semblent décidées à intensifier la riposte.
Crystal meth dans du tamarin
Le 3 juillet, une Thaïlandaise, Patcharanan, est contactée via Facebook par un utilisateur se présentant sous le nom de « Chayamin Pai ». Celui‑ci lui propose de transporter un colis de Thaïlande vers le Japon. Le lendemain, un coursier dépose le paquet près d’un immeuble du quartier Arun Amarin, à Bangkok Noi.
Avant son départ pour le Japon, Patcharanan inspecte le contenu : un carton de 40×60 cm rempli de produits alimentaires ordinaires — nouilles instantanées, bonbons, noix de coco séchée, snacks, assaisonnements, inhalateurs… Mais six bocaux de pâte de tamarin lui paraissent étrangement lourds. En ouvrant l’un d’eux, elle découvre une substance blanche compacte, emballée dans du plastique transparent.
Alarmée, elle remet immédiatement le colis à la police. Les analyses confirment qu’il s’agit de 2,059 kg de crystal meth soigneusement dissimulés dans les bocaux. L’enquête mène rapidement à l’arrestation de Sompong Kaewphadee, dans le district de Thanyaburi. L’homme est accusé de participation à un réseau criminel transnational. Il affirme avoir laissé sa compagne vietnamienne utiliser ses comptes bancaires, mais les enquêteurs soupçonnent une organisation plus vaste.
Quatre autres suspects — trois Thaïlandais et une Vietnamienne — font déjà l’objet de mandats d’arrêt. Les services de renseignement estiment que le réseau pourrait compter jusqu’à 15 membres. La police poursuit ses investigations pour démanteler l’ensemble de la filière.
Cannabis caché dans des couvertures
Quelques jours plus tard, les douanes interceptent une cargaison, en partance pour les Pays-Bas, à Laem Chabang, le grand port de Chon Buri. Officiellement, il s’agit de 626 colis de couvertures et couettes, pesant plus de 32 tonnes. Mais l’inspection révèle 1,6 tonne de fleurs de cannabis séchées, dissimulées parmi les textiles. Valeur estimée : 16 millions de baht.
Le cas pourrait entraîner des poursuites pour fausse déclaration douanière et violation des lois sur les plantes contrôlées. Depuis 2025, le ministère de la Santé publique a reclassé le cannabis comme « herbe contrôlée », limitant strictement son usage. Les enquêteurs cherchent désormais à identifier les autres membres du réseau et à retracer les circuits financiers.
Un signal fort
Ces deux affaires illustrent la diversité des trafics : méthamphétamine destinée au Japon, cannabis vers les Pays‑Bas. Elles rappellent aussi la sophistication des méthodes employées pour masquer les cargaisons. Les autorités thaïlandaises veulent montrer qu’elles ne resteront pas passives. Le ministre de l’Environnement, Suchart Chomklin, a récemment évoqué la nécessité de quadriller le territoire pour détecter les activités illégales, qu’il s’agisse de drogue ou d’occupation de terres.
La police et les douanes, en multipliant les saisies, espèrent affaiblir les réseaux transnationaux qui utilisent la Thaïlande comme point de passage. Mais les critiques soulignent que les trafiquants bénéficient souvent de complicités locales et que les procédures judiciaires s’éternisent.



