Sihasak
Le gouvernement thaïlandais a confirmé mercredi la mort de trois membres d’équipage du Mayuree Naree, un cargo battant pavillon thaïlandais frappé par l’Iran le 11 mars alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime stratégique, par laquelle circule en temps normal près d’un cinquième du pétrole et du gaz mondial, avait été pratiquement fermée par Téhéran en représailles aux bombardements américano-israéliens.
Vingt marins avaient pu être secourus et rapatriés en Thaïlande mi-mars. Les trois disparus, coincés dans la salle des machines endommagée, ont finalement été retrouvés sans vie. « Malheureusement, les trois membres d’équipage restants ont perdu la vie lors du drame », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, en remerciant les autorités omanaises pour leur aide dans le sauvetage.
Cette annonce intervient alors que les États-Unis et l’Iran ont conclu dans la nuit de mardi à mercredi un cessez-le-feu de deux semaines. L’accord prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, permettant à nouveau la circulation des navires. Plusieurs franchissements ont déjà été enregistrés, mais des centaines de cargos restent immobilisés dans le Golfe, plus de cinq semaines après le déclenchement du conflit le 28 février.
Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères a indiqué qu’il se rendrait à Oman les 15 et 16 avril pour remercier officiellement les autorités locales et suivre de près la gestion du passage par le détroit. Il a précisé que neuf navires thaïlandais attendaient encore de pouvoir franchir Ormuz, dont un transportant des engrais indispensables au secteur agricole. « Il faut garantir des réserves suffisantes, sinon l’agriculture sera affectée », a-t-il averti.
Sihasak a également exhorté les ressortissants thaïlandais présents dans les pays touchés par le conflit à profiter de cette fenêtre de deux semaines pour rentrer au pays, en contactant rapidement les ambassades. Car, malgré la trêve, l’incertitude demeure sur l’évolution de la situation au Moyen-Orient.
Pour la Thaïlande, ce drame illustre la vulnérabilité de ses marins et de ses échanges commerciaux face aux tensions géopolitiques. La mort des trois membres d’équipage du Mayuree Naree rappelle que, derrière les chiffres du commerce mondial, ce sont des vies humaines qui sont à risque.



