Il s'agit ici de mannequins.
Le dossier de candidature des costumes royaux thaïlandais auprès de l’UNESCO, déjà connu depuis plusieurs mois, vient de prendre une nouvelle dimension. La princesse Sirivannavari Nariratana Rajakanya, fille cadette du roi Vajiralongkorn, s’apprête à porter ce projet sur la scène internationale en Europe.
Le 9 avril, elle prononcera une conférence à La Haye dans le cadre d’un événement intitulé “Chud Thai Knowledge, Craftsmanship and Practices of the Thai National Costume”. Pendant deux jours, l’hôtel Des Indes accueillera défilés, démonstrations artisanales et débats académiques autour du Chud Thai Phra Ratcha Niyom, l’ensemble des huit styles de costumes royaux féminins, accompagnés de trois styles de tenues masculines.
Cette intervention marque un tournant : c’est la première fois qu’un tel évènement promotionnel est organisé à l’étranger. L’objectif est clair : renforcer la visibilité internationale de la candidature thaïlandaise avant la décision attendue en décembre 2026, lors de la 21e session du Comité intergouvernemental de l’UNESCO.
Le projet s’inscrit dans une continuité historique. La reine Sirikit, décédée en octobre 2025 et mère du roi actuel, avait déjà fait du costume royal un symbole de l’identité culturelle thaïlandaise, en le portant lors de ses déplacements officiels à l’étranger. La princesse Sirivannavari reprend ce flambeau en y ajoutant une dimension contemporaine : montrer que ces tenues ne sont pas des reliques figées, mais un patrimoine vivant, toujours réinventé par les créateurs et artisans.
Les organisateurs mettent en avant les savoir-faire traditionnels associés, comme la vannerie yan lipao ou la broderie en fils d’or et d’argent. Ces pratiques, tout comme les costumes eux-mêmes, sont considérées comme des témoins de la créativité et de la spiritualité thaïlandaises.
La candidature du Chud Thai avait été validée par le gouvernement en 2024. Depuis, le dossier a progressé, mais l’intervention directe de la princesse donne un nouvel élan et attire l’attention des médias internationaux. Elle incarne la volonté du pays de défendre son patrimoine culturel sur la scène mondiale.
En relançant le dossier par une tournée européenne, la Thaïlande espère convaincre que ses costumes royaux méritent une place sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Pour les communautés locales, cette reconnaissance serait une fierté nationale et une garantie de transmission aux générations futures.



