
Le FMI a publié le 13 octobre 2026 ses prévisions pour le monde entier mais aussi pour les principales économies de l’ASEAN. La Thaïlande reste en retrait avec une croissance attendue de 2,1 % en 2026 et 2027. À l’inverse, le Vietnam domine la région avec 8,4 % en 2026, avant un « ralentissement » à 7,5 % en 2027. La Malaisie affiche une progression de 5,2 % en 2026 puis 4,6 % en 2027, tandis que l’Indonésie maintient une dynamique stable à 5,1 % sur les deux années. Singapour profite du cycle technologique avec 5 % en 2026, mais devrait retomber à 3 % en 2027, des chiffres exceptionnels pour une économie mature. La moyenne des ASEAN‑5 (Thaïlande, Vietnam, Malaisie, Indonésie, Singapour) est fixée à 4,1 % en 2026 et 4,3 % en 2027. Ces chiffres traduisent une forte disparité : certains pays tirent parti du boom de l’intelligence artificielle, tandis que d’autres, comme la Thaïlande, restent vulnérables aux chocs énergétiques et financiers. Le royaume tire clairement les ASEAN-5 vers le bas.
Le Fonds monétaire international (FMI) table donc sur une croissance de 2,1 % pour l’économie thaïlandaise en 2026 et 2027. Ce chiffre, annoncé le 13 octobre à Bangkok, reste légèrement inférieur aux prévisions du Conseil national de développement économique et social (NESDC, 2,2 %) et de la Banque de Thaïlande (2,3 %). L’institution souligne que la reprise asiatique est portée par le boom de l’intelligence artificielle, mais que les marges de résistance face aux chocs mondiaux s’amenuisent.
L’IA comme moteur régional
Silvana Tenreyro, conseillère économique du FMI, a rappelé que l’Asie affiche les taux de croissance les plus élevés, grâce à l’essor de l’IA qui compense en partie la hausse des prix des matières premières. Chine et Inde restent les locomotives, avec des prévisions respectives de 4,5 % et 7 % cette année. La Thaïlande, sortie de la déflation, devrait maintenir une inflation autour de 2,1 % en 2026, avant un léger recul à 1,7 % en 2027.
Résilience sous pression
Le FMI avertit que les mécanismes ayant permis aux économies de résister aux crises géopolitiques et commerciales atteignent leurs limites. Les tensions régionales, la volatilité financière et les vulnérabilités budgétaires pourraient peser sur la croissance mondiale, attendue à 3,1 % en 2026 puis 3,4 % en 2027. Les importateurs d’énergie hors chaîne technologique sont les plus exposés.
Appel à la discipline budgétaire
Les pays à forte dette doivent, selon le FMI, reconstruire leurs marges de manœuvre fiscales. Les aides au coût de la vie doivent rester ciblées et temporaires, afin de ne pas fausser les signaux de prix. Les banques centrales, elles, sont invitées à préserver leur indépendance et à maintenir la stabilité des prix.
Défis pour la Thaïlande
Pour Bangkok, l’enjeu dépasse la croissance chiffrée : il s’agit d’améliorer la productivité et de renforcer la résilience face aux chocs extérieurs — flambée énergétique, perturbations des chaînes d’approvisionnement, volatilité des marchés. Le FMI insiste sur la nécessité de créer un espace budgétaire et de consolider la stabilité financière pour garantir une trajectoire durable.
Conclusion
« L’économie mondiale reste résiliente, mais cette résilience approche de ses limites », a résumé Tenreyro. Le FMI appelle les États à passer d’une logique de survie à une stratégie de long terme, en identifiant leurs points faibles — énergie, finances ou production — pour mieux encaisser les prochaines secousses. Pour la Thaïlande, maintenir le cap à 2,1 % ne suffira pas : il faudra surtout bâtir une économie capable de résister aux tempêtes à venir.



