
La police thaïlandaise a mis fin à une pratique illégale qui durait depuis plus d’une décennie. Récemment, deux hommes se faisant passer pour médecins ont été arrêtés dans une clinique du district de Min Buri, à Bangkok. L’établissement, connu sous le nom de Keharam Clinic ou Doctor Phong Clinic, fonctionnait sans autorisation depuis plus de dix ans et conservait plus de 6 000 dossiers de patients.
Les suspects, Boonwiwat Boonrueanglue, 50 ans, et Nattawut Boonrueanglue, 30 ans, assuraient des consultations, délivraient des ordonnances et pratiquaient des injections sans aucune qualification médicale. L’affaire a éclaté lorsqu’une patiente de 30 ans, venue pour une fièvre, a découvert que les deux hommes n’étaient pas médecins. Inquiète après avoir reçu une injection, elle a alerté les autorités, qui l’ont immédiatement dirigée vers un hôpital.
Lors de la perquisition, les policiers ont saisi des milliers de documents manuscrits, des certificats médicaux falsifiés, des blouses blanches et un ordinateur contenant des données de patients. Plus inquiétant encore, un stock impressionnant de médicaments et de matériel médical a été découvert : pilules de Diazépam et de Tramadol, solutions injectables, kits de soins, scalpels et sutures.
Boonwiwat affirmait être médecin, mais n’a pu présenter aucun diplôme ni licence. Nattawut a reconnu n’avoir suivi aucune formation et avoir appris « sur le tas ». Les deux hommes avaient même ouvert une seconde clinique, Doctor Wut Clinic, et continuaient à délivrer certificats et prescriptions sous les noms de praticiens légitimes qu’ils avaient employés auparavant.
Selon Channel 7, plusieurs tentatives de raid avaient échoué par le passé, car les suspects avaient été avertis à temps. Cette fois, ils n’ont pas échappé à la justice. Ils encourent six chefs d’accusation, dont exercice illégal de la médecine, falsification de documents et détention de substances contrôlées.
L’affaire met en lumière un phénomène plus large : l’essor de pratiques médicales clandestines en Thaïlande. Quelques jours après cette arrestation, un autre cas a choqué l’opinion : un homme de 51 ans, Pithaya Moon-in, a été interpellé pour avoir proposé des interventions chirurgicales sexuelles dans sa voiture, via des annonces sur TikTok. La police a saisi près de 200 implants destinés au « pearling pénien », une pratique risquée pouvant entraîner infections, douleurs chroniques et dysfonctionnements.
Le pearling pénien consiste à insérer de petites billes sous la peau du pénis, à visée esthétique ou sexuelle. Pratique d’origine asiatique, notamment associée aux Yakuza japonais, elle s’est diffusée mondialement. Réalisée hors cadre médical, dans une voiture, par exemple, elle comporte des risques sérieux d’infection ou de lésions tissulaires.
Ces affaires rappellent la nécessité d’une vigilance accrue face aux dérives de l’exercice illégal de la médecine. Les autorités thaïlandaises affirment vouloir renforcer les contrôles pour protéger les patients et mettre fin à ces pratiques dangereuses.



