Image d'archive car cette dispute refait surface tous les ans.
Freedom Beach, petit joyau niché près de Patong à Phuket, incarne l’image du paradis tropical : sable blanc, eaux turquoise et collines verdoyantes. Mais derrière cette carte postale se cache une bataille acharnée autour de l’occupation illégale des terres, qui menace à la fois l’environnement et les droits des habitants.
Fin mars, plus de cent agents — police, gardes forestiers, élus locaux et représentants des communautés — ont mené une vaste opération dans la zone protégée du Khao Nak Koet National Reserve Forest. Objectif : mettre fin aux « empiètements », ces occupations illégales qui se multiplient depuis des années. Les habitants dénonçaient des intimidations, parfois armées, les empêchant d’accéder à des terres qu’ils considéraient comme les leurs.
Sur place, les autorités ont découvert un véritable “village parallèle” : maisons, commerces, installations touristiques, routes et lignes électriques construits en pleine forêt. Cinq personnes ont été arrêtées pour violation de la loi forestière, l’une d’elles également pour détention d’armes. Quatre éléphants ont été retrouvés, probablement utilisés pour des activités de défrichement ou de construction, soulevant des inquiétudes supplémentaires sur l’impact environnemental.
Pour les communautés locales, la transformation de Freedom Beach en zone commerciale illégale est vécue comme une dépossession. L’accès à la plage et aux forêts est bloqué, les activités traditionnelles entravées. “C’est le symbole d’un problème plus large : l’absence d’application stricte de la loi dans les zones forestières”, a déclaré Chalermpong Saengdee, député de Phuket, après l’inspection.
Les autorités ont commencé à saisir les bâtiments illégaux, mais les procédures se heurtent à la complexité des frontières administratives entre Patong et Karon, qui compliquent les ordres de démolition. Dans certains cas, des terrains ont même été divisés et vendus sous couvert de propriété privée, alors qu’ils relèvent légalement du domaine forestier national.
Au-delà de Freedom Beach, c’est l’avenir des forêts de Phuket qui est en jeu. Chalermpong appelle à une action ferme du ministère des Ressources naturelles et du Département des forêts : “Ces zones sont des ressources vitales. Sans une application stricte de la loi, elles disparaîtront.”
La dispute immobilière au paradis révèle ainsi les tensions entre intérêts privés, protection de l’environnement et droits des communautés. À Freedom Beach, le rêve tropical se heurte à une réalité plus sombre : celle d’un paradis menacé par l’appétit foncier et l’absence de contrôle.



