
BANGKOK – Le Département des parcs nationaux, de la faune et de la flore (DNP) a inauguré dix “écoles Khon Doen Pa” dans le cadre d’un projet visant à promouvoir un tourisme forestier responsable. L’initiative, lancée à Khao Yai le 31 juillet, entend former des visiteurs et des accompagnateurs aux bonnes pratiques de randonnée, en s’appuyant sur le principe Leave No Trace (“ne laisser aucune trace”).
Former des guides avant d’éduquer les touristes
Le cœur du projet est la création de “conservation hiking instructors”, des accompagnateurs spécialisés capables de transmettre aux visiteurs les connaissances et attitudes nécessaires pour marcher en forêt sans nuire aux écosystèmes. Ces instructeurs doivent être formés dans les dix écoles pilotes, puis déployés dans les parcs nationaux.
Pour l’instant, la communication officielle reste floue : aucune indication n’a été donnée sur la durée des cours, ni sur leur caractère obligatoire ou facultatif pour les accompagnateurs, voire pour les visiteurs. Le ministère parle de “classes d’écotourisme”, ce qui laisse penser à des ateliers pédagogiques ou des sessions d’initiation, mais sans préciser si les touristes devront suivre une formation avant d’entrer dans les zones protégées.
Un problème croissant
Chaque année, plus de 10 millions de personnes visitent les parcs nationaux thaïlandais. Cette fréquentation génère plus de 1 000 tonnes de déchets et de nombreux incidents liés au manque de préparation des randonneurs. Le DNP veut donc passer d’une logique de réparation à une logique de prévention, en inculquant dès l’entrée dans les parcs les bons réflexes : planification, gestion des déchets, respect de la faune et sécurité.
Une ambition nationale
Le ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, Suchart Chomklin, a insisté sur la responsabilité collective : “Bien randonner, ce n’est pas seulement une question de sécurité, c’est aussi une responsabilité envers les forêts et la faune que nous devons protéger.” Le DNP prévoit d’étendre ces écoles à d’autres parcs et forêts, afin de faire reconnaître la Thaïlande comme référence en matière de tourisme durable.
Entre communication et réalité
Pour l’heure, le projet reste surtout une déclaration d’intention et une opération de communication ministérielle. Les dix écoles existent sur le papier, les instructeurs commenceraient à être formés, mais les modalités concrètes pour les visiteurs – cours, accompagnement, ateliers – ne sont pas encore définies. Le succès dépendra de la capacité du DNP à transformer cette communication en pratique réelle, avec des formations accessibles et efficaces.
En clair, la Thaïlande affiche une volonté forte de concilier tourisme et conservation. Mais pour que les “Khon Doen Pa Schools” deviennent autre chose qu’un symbole, il faudra préciser comment les accompagnateurs seront réellement encadrés et formés.



