Le pickup utilisé par les criminels
MàJ : la loi martiale a été renforcée dans la province de Narathiwat après l’attaque qui a tué cinq rangers.
Désormais, les militaires peuvent fouiller des maisons, contrôler les véhicules, installer des checkpoints et arrêter des suspects. Ils ont aussi le droit d’utiliser leurs armes immédiatement en cas de menace. Les autorités civiles doivent obéir aux ordres de l’armée.
Cette mesure restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. L’objectif est de mettre la pression sur les auteurs de l’attaque et de protéger la population.
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Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a exigé jeudi un durcissement immédiat des opérations de sécurité dans le sud du pays, après l’attaque d’un checkpoint à Narathiwat qui a coûté la vie à cinq soldats et blessé six civils. Les assaillants, une dizaine d’hommes armés et vêtus de noir, ont ouvert le feu et lancé des bombes artisanales avant de s’emparer d’armes et d’équipements militaires.
Une attaque coordonnée
Selon l’Isoc (commandement de sécurité intérieure), les assaillants ont attaqué le poste de Bukeh Sami mercredi soir, volant trois fusils d’assaut AK‑47, des gilets pare‑balles et des téléphones. Le pick‑up utilisé a été retrouvé incendié dans un district voisin, preuve d’une opération planifiée. Les victimes appartenaient au 45e régiment de rangers, tandis que les blessés civils, dont un enfant de 10 ans, ont été hospitalisés.
Réaction politique et militaire
Anutin a ordonné aux chefs de la police, de l’armée et du ministère de l’Intérieur de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour prévenir de nouvelles attaques. Il a insisté sur le renforcement du renseignement, des patrouilles et des négociations de paix afin de restaurer la confiance des habitants. Wan Muhamad Noor Matha, conseiller spécial sur le conflit du sud, a reconnu des failles dans le renseignement et appelé à une meilleure coordination.
Débat politique
L’opposition, par la voix de Rangsiman Rome (Parti du peuple), a critiqué l’échec des pourparlers de paix et des dispositifs sécuritaires, exhortant le gouvernement à s’attaquer aux causes profondes du conflit. Le débat souligne la difficulté de concilier répression militaire et dialogue politique dans une région marquée par une insurrection séparatiste depuis deux décennies. La rancœur des populations locales, qui ne cautionnent pas la violence, est liée au manque de considération de Bangkok vis-à-vis du Grand Sud.
Mesures renforcées
L’armée a annoncé un relèvement du niveau de sécurité dans tout le sud, avec des opérations ciblées pour traquer les responsables. Le commandant de la 4e région militaire, le lieutenant Norathip Phoynok, s’est rendu sur les lieux et a ordonné une chasse rapide aux suspects. La police, de son côté, affirme avoir identifié les auteurs et prépare des mandats d’arrêt, estimant que plusieurs attaques récentes relèvent du même réseau insurgé.
Un climat de tension persistante
Aucune revendication n’a été publiée, mais les autorités soupçonnent des groupes séparatistes actifs dans les provinces frontalières. Les attaques, survenues trois jours de suite à Yala et Narathiwat, mettent en lumière les vulnérabilités des checkpoints militaires. Malgré les démentis officiels, des critiques pointent un manque de vigilance des forces de sécurité.
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MàJ : L’armée thaïlandaise va construire une clôture de barbelés sur 99 km de frontière avec la Malaisie, dans la province de Narathiwat. Actuellement, seule une petite portion est équipée de caméras et d’éclairage, tandis que la rivière Kolok reste facile à franchir. Le projet a été relancé après l’attaque meurtrière de Ra‑ngae, où cinq rangers ont été tués. Aucune précision n’a été donnée sur le financement ni sur la date de début des travaux. Les insurgés utilisent souvent l’État malaisien de Kelantan comme refuge, certains disposant d’une double nationalité.



