
Après une année 2025 marquée par une inflation quasi nulle, la Thaïlande devrait voir les prix repartir à la hausse en 2026. Selon le Kasikorn Research Center, l’inflation pourrait atteindre 3,4 %, portée par la flambée des coûts de l’énergie et de l’alimentation, ainsi que par la répercussion des hausses de transport et de production sur les consommateurs.
Le Trade Policy and Strategy Office (TPSO) a indiqué qu’en mars 2026, l’indice des prix à la consommation (CPI) s’établissait à 100,27, en léger recul par rapport à l’année précédente (-0,08 %). Cette baisse, moins marquée qu’en février (-0,88 %), s’explique par les mesures gouvernementales de plafonnement des prix du carburant et de réduction des factures d’électricité. Ces dispositifs ont permis de contenir l’impact de la hausse du pétrole brut, aggravée par les tensions au Moyen-Orient et les risques pesant sur le détroit d’Ormuz.
Dans le détail, les produits non alimentaires ont reculé de 0,34 % sur un an, notamment l’énergie, les transports, l’hôtellerie et l’habillement. En revanche, les denrées alimentaires et boissons non alcoolisées ont progressé de 0,34 %, tirées par les légumes frais, le riz, le sucre et les produits transformés. Les fruits (-4,67 %), les ingrédients de cuisine (-5,55 %), la viande (-0,58 %) et les œufs (-0,49 %) ont enregistré des baisses notables. L’inflation sous-jacente, hors énergie et produits frais, a légèrement augmenté à 0,57 %.
Sur un mois, le CPI a grimpé de 0,60 %, principalement en raison de la hausse des carburants, des billets d’avion et de certains produits ménagers. Sur le premier trimestre, l’indice reste en baisse de 0,54 % en glissement annuel, reflétant encore l’effet des prix bas de l’énergie en début d’année.
Pour le deuxième trimestre, les analystes anticipent un retour en territoire positif, avec une accélération progressive. La hausse des coûts agricoles et de l’élevage, combinée à l’ajustement des prix par les entreprises, devrait peser sur le panier des ménages. Si Kasikorn prévoit un rebond marqué à 3,4 %, le TPSO reste plus prudent, maintenant sa prévision officielle entre 1,5 % et 2,5 %.
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de volatilité énergétique, la trajectoire de l’inflation thaïlandaise dépendra largement de l’efficacité des mesures de soutien gouvernementales et de la capacité des ménages à absorber ces hausses.
D’ailleurs, le gouvernement envisage d’utiliser pour la première fois le décret d’urgence de 1973 afin d’imposer une baisse des marges de raffinage de 2 bahts par litre. Cette mesure vise à contenir la flambée des prix du carburant, après que les marges ont bondi de 2,09 bahts en février à près de 16 bahts en avril. Le ministre de l’Énergie, Akanat Promphan, a prévenu que si les raffineries ne coopèrent pas, l’État imposera la réduction pour stabiliser le marché et éviter les pénuries. En cas de difficultés d’importation en mai, des restrictions supplémentaires pourraient suivre, comme la réduction des horaires des centres commerciaux et stations-service.



