
Bangkok – Selon KResearch, la dette des ménages thaïlandais devrait reculer à 84 % du PIB fin 2026, contre 86,8 % en 2025. Mais cette baisse apparente ne traduit pas une amélioration réelle : elle s’explique surtout par des contraintes de crédit plus strictes, tandis que l’encours total a encore progressé de 0,6 % sur un an, atteignant 16,4 trillions de bahts au deuxième trimestre.
Des foyers sous pression
Les ménages à faibles revenus restent les plus vulnérables. Ceux qui gagnent moins de 15 000 bahts par mois consacrent en moyenne 40,1 % de leurs revenus au remboursement de dettes. Près de la moitié d’entre eux affichent déjà un cash‑flow négatif, c’est-à-dire que les dépenses du ménage dépassent ses revenus disponibles, le rendant incapable de couvrir ses dépenses courantes. KResearch avertit qu’une hausse de 10 % du coût de la vie ou des frais imprévus, comme des réparations liées aux inondations, pourrait faire basculer 1,2 million de foyers supplémentaires dans le déficit.
Une reprise inégale du crédit
Les tendances de financement sont divergentes : les prêts immobiliers continuent de croître chez les ménages à revenus stables (plus de 50 000 bahts par mois), qui utilisent parfois leurs biens comme garantie pour obtenir de la liquidité. En revanche, les crédits à la consommation, les prêts étudiants ou les crédits sans garantie reculent, signe que les foyers fragiles n’ont plus accès aux financements.
Des chiffres qui inquiètent
En 2025, 10,4 millions de ménages avaient des dettes en cours, soit 42,1 % du total des foyers du pays. Parmi eux, 23,8 % présentaient déjà un cash‑flow négatif. La situation est dramatique pour les foyers modestes : près de 49 % de ceux qui gagnent moins de 15 000 bahts par mois dépensent plus qu’ils ne gagnent. À l’inverse, seuls 7 % des ménages au‑delà de 50 000 bahts sont dans ce cas.
Le risque d’effet domino
Une simulation de KResearch montre qu’une hausse de 20 % des dépenses pourrait plonger 2,5 millions de foyers supplémentaires dans le rouge. Et si les revenus stagnent, la dette continuera de peser sur la consommation intérieure, freinant la reprise économique.
Conclusion
La baisse du ratio dette/PIB à 84 % est une bonne nouvelle en apparence, mais elle masque une réalité inquiétante : la fragilité persistante des ménages thaïlandais. Pour une réduction durable, il faudra non seulement limiter l’endettement, mais surtout augmenter les revenus et la capacité de remboursement, faute de quoi la dette restera une bombe à retardement pour l’économie.
Le patronat refuse toute hausse du salaire minimum, quitte à scier la branche sur laquelle il repose. Il peut compter sur un allié de poids : le gouvernement Bumjaithai, étroitement lié à l’establishment et aux grands patrons.



