
On ne sait pas ce que l’ambassadeur de Chine à Bangkok pensera de tout cela, mais force est de constater que certains de ses compatriotes ne sont pas irréprochables. La police et la presse thaïlandaises contintuent d’appeler un Chinois un Chinois, quitte à déplaire à l’ambassadeur.
Dix ressortissants chinois ont été arrêtés lundi lors d’une descente de police dans une maison de luxe du district de Saraphi, à Chiang Mai. Les suspects, neuf hommes et une femme, géraient un centre d’arnaques se faisant passer pour des compagnies d’assurance et de livraison, ciblant des victimes en Chine. Les enquêteurs ont saisi 67 téléphones portables, sept iPads et treize ordinateurs portables, confirmant l’usage du lieu comme base de fraude. Les escrocs incitaient leurs victimes à installer des logiciels permettant l’accès à leurs données personnelles, avant de détourner de l’argent via des transactions en cryptomonnaie. Certains étaient entrés en Thaïlande avec des visas touristiques et louaient la villa pour environ 80 000 bahts par mois.
La police thaïlandaise a arrêté un ressortissant chinois de 35 ans, M. Hao, soupçonné d’avoir utilisé des sociétés‑écrans pour acquérir des biens immobiliers de luxe à Bangkok. L’opération, menée le 13 juin par la Division de suppression des crimes économiques, a ciblé cinq sites liés au réseau, dont des maisons et un cabinet juridique. Les enquêteurs ont saisi de nombreux documents de sociétés, des contrats de vente, des titres fonciers, des livrets bancaires, ainsi que 32 cartes d’accès à des condominiums haut de gamme. Selon la police, le suspect aurait recruté des Thaïlandaises comme actionnaires fictives afin de contourner la loi, et utilisé un cabinet juridique pour masquer ces montages. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’autres complices thaïlandais et étrangers impliqués dans ce système de prête-noms destiné à dissimuler la propriété réelle des biens.
La police thaïlandaise a arrêté à Bangkok un ressortissant chinois de 40 ans, M. Gao, soupçonné d’être un acteur clé d’un réseau de trafic humain transfrontalier reliant la Chine et le Myanmar. L’opération, menée par le Bureau central d’investigation et le Bureau de l’immigration, a permis de localiser le suspect dans un hôtel du district de Din Daeng le 11 juin. Selon les enquêteurs, le réseau aurait fait passer illégalement plus de 20 femmes birmanes en Chine et organisé le voyage de plus de 20 hommes chinois vers Yangon pour des activités de mariage clandestin. Les autorités ont révoqué son droit de séjour en Thaïlande et engagé une procédure de déportation dans le cadre de la loi sur l’immigration. Cette affaire illustre la coopération renforcée entre les polices thaïlandaise et chinoise pour lutter contre les réseaux criminels transnationaux.
Un ressortissant chinois de 50 ans, identifié comme Hou, a été arrêté le 17 juin à Chiang Mai par la police thaïlandaise. Il était recherché en Chine pour avoir dirigé une plateforme d’investissement frauduleuse fonctionnant comme une pyramide de Ponzi. Selon les autorités, Hou et ses associés promettaient des rendements élevés et incitaient les victimes à recruter de nouveaux membres pour toucher des commissions. L’homme avait fui la Chine après l’émission d’un mandat d’arrêt et s’était réfugié en Thaïlande, où son droit de séjour a été révoqué. Il a été placé en détention par l’immigration de Chiang Mai en vue de son expulsion vers la Chine pour y être poursuivi.
Un ressortissant chinois de 69 ans, surnommé Hia Feng, a été arrêté à Bangkok et placé en détention en vue de son expulsion vers la Chine. Les autorités thaïlandaises ont révoqué son visa de retraité après avoir reçu une demande officielle de Pékin le 10 juin. Feng, décrit comme un riche homme d’affaires, figurait parmi les fugitifs les plus recherchés en Chine pour des accusations de falsification de sceaux d’entreprise et autres délits financiers. Il avait accumulé des actifs estimés à plusieurs dizaines de milliards de bahts et pensait échapper aux poursuites en résidant discrètement en Thaïlande. Son arrestation s’inscrit dans l’opération « No Stay », visant les étrangers considérés comme une menace pour la sécurité publique. Les cavales des Chinois sont aussi vouées à l’échec en Thaïlande.
La Thaïlande a émis un mandat d’arrêt contre l’homme d’affaires chinois Wang Yicheng, cité dans une enquête de Reuters sur la fraude aux investissements en cryptomonnaies. Il est accusé d’avoir participé à un réseau de blanchiment d’argent via du minage illégal de cryptomonnaies, alimenté par des escroqueries et des jeux en ligne. Le Département des enquêtes spéciales (DSI) a indiqué que Wang avait été inculpé en novembre pour vol et infractions à la loi sur la criminalité informatique, mais qu’il aurait fui le pays. Les autorités thaïlandaises collaborent avec leurs homologues internationaux pour le localiser, tandis que les États‑Unis l’ont également identifié comme suspect dans une affaire de fraude numérique. Cette affaire s’inscrit dans la répression régionale contre les syndicats du crime chinois ou « mafias chinoises », accusés de générer des milliards de dollars par an grâce à des escroqueries transnationales.
Trois Thaïlandais, deux hommes et une femme, ont été arrêtés après avoir fui des réseaux d’arnaques en Cambodge. Ils affirment avoir été recrutés via Facebook pour travailler dans un faux centre d’appels spécialisé dans les « petites amies virtuelles ». Confinés dans des chambres louées à Poipet entre le 20 mai et le 3 juin, ils ont été abandonnés par leurs employeurs chinois lors d’une vaste opération policière. Livrés à eux‑mêmes, ils ont traversé barbelés et canaux pour rejoindre la frontière thaïlandaise, où ils ont été interceptés par des patrouilles. L’enquête se poursuit pour démanteler les réseaux de trafic et d’escroquerie transfrontaliers responsables de leur exploitation.



