
La Thaïlande entend franchir une nouvelle étape dans le développement de ses filières du cannabis médical, du chanvre et du kratom. Après plusieurs années marquées par l’évolution de la réglementation, les autorités, les chercheurs et les industriels concentrent désormais leurs efforts sur un objectif commun : faire du royaume un acteur reconnu sur les marchés internationaux.
Pour y parvenir, Bangkok mise avant tout sur la qualité et la traçabilité. Les producteurs sont encouragés à adopter des normes de culture de plus en plus strictes, inspirées des standards internationaux. Des certifications spécifiques, des contrôles en laboratoire et des procédures de suivi de la production doivent permettre de garantir l’absence de contaminants, de résidus de pesticides ou de métaux lourds dans les matières premières destinées aux usages médicaux.
Cette stratégie répond à une exigence essentielle des marchés étrangers. Dans les secteurs de la santé et du bien-être, les acheteurs internationaux recherchent des produits dont l’origine, la composition et la sécurité peuvent être démontrées de manière rigoureuse. La simple production agricole ne suffit plus : la valeur se crée désormais dans la transformation, la recherche scientifique et la conformité réglementaire.
Les autorités thaïlandaises estiment que le pays dispose de plusieurs atouts pour réussir. Son savoir-faire agricole, ses traditions en matière de médecine par les plantes et ses infrastructures de transformation constituent une base solide. Les chercheurs travaillent également à la sélection de variétés plus performantes afin d’améliorer la qualité des récoltes et de répondre aux attentes des professionnels de santé.
Le kratom constitue notamment un axe de développement prometteur. Certains spécialistes du secteur considèrent que les conditions climatiques et les variétés locales offrent à la Thaïlande un avantage concurrentiel sur plusieurs marchés internationaux. L’objectif est de développer des produits transformés à forte valeur ajoutée plutôt que de se limiter à l’exportation de matières premières.
Les industriels évoquent une fenêtre d’opportunité de trois à cinq ans pour renforcer la présence thaïlandaise sur la scène mondiale. Ils soulignent toutefois que cette ambition nécessitera une coopération étroite entre le secteur privé, les centres de recherche et les autorités publiques. Les investissements dans l’innovation, les laboratoires et la certification seront déterminants pour rivaliser avec les grands producteurs internationaux.
Cette orientation pourrait également renforcer la position de la Thaïlande dans le tourisme médical, un secteur déjà très développé dans le royaume. Des produits répondant aux standards internationaux pourraient intéresser des patients étrangers ainsi que des établissements de santé spécialisés.
La prochaine édition de l’Asia International Hemp Expo & Forum et de l’Asia International Cannabis Expo & Forum, prévue en novembre à Bangkok, doit d’ailleurs servir de vitrine à cette ambition. Les organisateurs espèrent attirer des milliers de professionnels venus de nombreux pays afin de favoriser les partenariats, les investissements et les débouchés commerciaux.
Pour les acteurs du secteur, l’avenir dépendra moins de la production en volume que de la capacité du pays à démontrer la qualité, la sécurité et la fiabilité de ses produits sur les marchés mondiaux.



