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L’ambassadeur de Chine à Bangkok souhaite que l’on cesse d’employer l’expression « mafias chinoises »

Geo Valin 23 Juin 2026
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Arrestation récente de mafieux chinois


Vingt-quatre escrocs, pour la plupart chinois, arrêtés dans un resort de Fang, au nord de Chiang Mai. Voilà le décor. Mais attention aux mots : l’ambassadeur de Chine à Bangkok ne veut plus entendre parler de « Chinois gris » ou « mafia chinoise » ou « affaires chinoises opaques », cette expression utilisée pour désigner les mafias venues de l’Empire du Milieu. Trop stigmatisant, trop globalisant, trop vexant.

Le ministre du Tourisme, Surasak Phancharoenworakul, a rapporté mardi que le diplomate lui avait demandé d’abandonner ce terme. Pékin, dit-il, est prêt à coopérer si des ressortissants chinois enfreignent la loi en Thaïlande. Mais pas question de les qualifier de « gris » ou « mafieux » : cela donnerait l’impression que le royaume n’aime pas les visiteurs venus de l’Empire du Milieu.

L’ambassadeur reconnaît que certains Chinois se livrent à des activités illégales. Mais il rappelle aussi que des millions d’autres dépensent sans compter dans les hôtels, restaurants et centres commerciaux du pays. Bref, il y a les « bons » et les « mauvais ». En fait, l’ambassadeur prend l’équation à l’envers : oui, la plupart des ressortissants chinois, tout comme les Occidentaux, sont parfaitement honnêtes, il n’en reste pas moins vrai que la majorité des mafias qui opèrent dans le royaume sont bel et bien d’origine chinoise.

Les affaires s’accumulent. Escroqueries, livraisons clandestines réservées aux communautés chinoises, réseaux de faux touristes… Les autorités thaïlandaises assurent qu’elles poursuivront quiconque enfreint la loi, quelle que soit sa nationalité. Mais l’ironie est là : on peut arrêter des dizaines de fraudeurs dans un resort en les nommant pudiquement « étrangers », pour ne pas froisser les susceptibilités diplomatiques.

Pour illustrer cette étrange cohabitation, à Huai Khwang, le quartier de Bangkok s’est peu à peu transformé en enclave chinoise. Restaurants, supermarchés, cliniques et commerces y sont majoritairement tenus par des investisseurs venus du continent. Résultat : un véritable écosystème où tout se fait entre compatriotes – fournisseurs, employés et clients parlent la même langue et échangent dans la même monnaie.

Cette vie en vase clos n’est pas forcément illégale, mais elle alimente les critiques. Les autorités s’inquiètent de ces « business en circuit fermé » qui échappent aux règles thaïlandaises, notamment sur la fiscalité et la propriété étrangère. L’affaire du restaurant n’acceptant que le yuan a mis en lumière cette réalité : une communauté qui vit, consomme et investit presque exclusivement entre elle, au risque de se couper du reste du pays. Les yuans de Bangkok retournent en Chine sans que l’économie thaïlandaise n’en profite.

Le gouvernement, lui, veut désormais privilégier les « touristes de qualité » plutôt que les chiffres bruts. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul l’a répété : l’objectif n’est pas de retrouver les 39 millions de visiteurs d’avant la pandémie, mais de générer plus de valeur. Traduction : moins de touristes à bas coût, plus de voyageurs qui dépensent.

Pour filtrer ces fameux « touristes de qualité », les règles de visas ont été durcies. Certains pays ont perdu l’accès sans visa, d’autres ont vu la durée de séjour réduite. L’idée est simple : décourager les faux touristes qui profitent des 60 jours pour faire tout sauf du tourisme.

Et pour traquer les fraudeurs déjà installés, la police touristique mise sur la technologie. Des caméras équipées d’intelligence artificielle ont été installées dans les ports et sites touristiques, de Koh Samui à Phuket. Elles peuvent identifier les étrangers en situation de dépassement de visa.

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