
La Thaïlande mise sur ses traditions pour stimuler l’économie locale. Le festival Bun Luang et Phi Ta Khon, organisé chaque année dans la province de Loei, attire des foules toujours plus nombreuses. En 2026, l’événement de trois jours devrait accueillir au moins 100 000 visiteurs et générer plus de 188 millions de bahts pour les communautés de Dan Sai et des districts voisins.
Une tradition devenue vitrine nationale
Dimanche 21 juin, le Premier ministre et ministre de l’Intérieur Anutin Charnvirakul a inauguré le festival devant le bureau du district de Dan Sai. Devant des milliers de spectateurs, il a rappelé que les coutumes locales sont des « actifs nationaux » impossibles à copier. « Phi Ta Khon n’est pas seulement une parade colorée, c’est le reflet de la vie communautaire et de la foi transmise depuis des générations », a‑t‑il déclaré.
Les masques fantômes, les processions et les rituels spirituels sont devenus une marque culturelle forte, recherchée par des voyageurs en quête d’expériences authentiques.
Un moteur économique local
Au‑delà de l’aspect festif, le festival est un véritable levier économique. Les hôtels de Dan Sai et de Phu Ruea affichent presque complet, les restaurants et commerces locaux profitent d’une clientèle accrue, et les artisans voient leurs créations s’exporter bien au‑delà de la région. En 2025, plus de 170 000 touristes avaient déjà participé à l’événement.
Pour Anutin, l’exemple est clair : la culture peut devenir un moteur de développement durable, créant emplois et revenus pour les habitants. Le festival est désormais considéré comme un modèle de tourisme fondé sur l’identité locale.
Soft power à la thaïlandaise
Avec ses masques hauts en couleur et ses défilés spectaculaires, Phi Ta Khon illustre la capacité de la Thaïlande à transformer ses traditions en soft power. L’événement renforce l’image du pays à l’international et démontre que les racines culturelles peuvent générer des retombées économiques concrètes.
Pour Loei, l’enjeu est double : préserver une identité unique tout en l’intégrant dans une stratégie touristique nationale. Les autorités espèrent que ce succès inspirera d’autres provinces à valoriser leurs propres traditions.
En attendant, les rues de Dan Sai vibrent au rythme des tambours et des masques fantômes. Derrière les festivités, c’est toute une économie locale qui respire, prouvant que la culture peut être bien plus qu’un héritage : un avenir.



