
Les foyers thaïlandais ont vu leurs dépenses mensuelles augmenter en 2026. Selon le Trade Policy and Strategy Office (TPSO), la moyenne entre janvier et septembre s’élève à 21 217 bahts par ménage et par mois, soit 326 bahts de plus qu’en 2025. Une hausse modeste en apparence (+1,6 %), mais qui reflète une pression croissante sur le coût de la vie. Il s’agit bien sûr de moyennes, les ménages pauvres se débrouillent avec encore moins tandis que dans les milieux aisés, on peut dépenser presque sans compter.
Les dépenses liées aux transports, à l’entretien des véhicules et aux communications restent parmi les plus lourdes pour les ménages thaïlandais. Directement affectées par la hausse du carburant, elles atteignent en moyenne 4 895 bahts par mois, soit près d’un quart du budget familial.
L’alimentation et les boissons non alcoolisées représentent la part la plus importante, avec 8 342 bahts mensuels, soit environ 40 % des dépenses. Les repas préparés et la restauration hors domicile progressent (+93 bahts), conséquence directe de coûts de production et de transport plus élevés.
Le logement et les charges pèsent pour 5 117 bahts par mois, soit un quart du budget. Ce poste a légèrement reculé (–17 bahts) grâce aux mesures de soutien sur l’électricité. En comparaison avec d’autres pays, il reste contenu, ce qui confirme que ce sont surtout la nourriture et les transports qui tirent les dépenses vers le haut.
En additionnant les trois principaux postes — alimentation (8 342 bahts), logement (5 117 bahts) et transports/communications (4 895 bahts) — on atteint déjà 18 354 bahts. Cela laisse à peine 2 846 bahts pour tous les autres besoins mensuels, preuve qu’il ne reste pas grand-chose aux ménages thaïlandais une fois les dépenses essentielles réglées.
Mais les perspectives restent tendues. Les prix mondiaux du pétrole demeurent volatils et la saison des voyages de fin d’année devrait accroître la demande énergétique. Autre facteur aggravant : les inondations sévères qui ont frappé plusieurs régions, détruisant des terres agricoles et faisant grimper le prix des légumes frais. Les familles touchées doivent en plus financer réparations, matériaux de construction et remplacement d’appareils endommagés.
Ces chocs se reflètent dans la confiance des consommateurs. L’indice calculé par l’Université de la Chambre de commerce thaïlandaise (UTCC) est tombé à 52,1 en septembre, son premier recul en quatre mois. Les pertes économiques liées aux inondations sont estimées entre 22 et 30 milliards de bahts, principalement dans l’agriculture. Ajoutons à cela un diesel au-dessus de 40 bahts le litre, une dette des ménages élevée et un marché boursier en baisse : autant de freins à la consommation.
Pour autant, l’UTCC reste optimiste. Son président, Thanavath Phonvichai, juge la baisse temporaire et maintient une prévision de croissance du PIB entre 2,2 % et 2,5 % en 2026. Selon lui, la consommation devrait rebondir dès novembre, portée par les fonds d’aide gouvernementaux, la haute saison touristique, les exportations solides et l’intérêt soutenu des investisseurs étrangers.
En clair, les ménages thaïlandais jonglent entre dépenses contraintes et arbitrages quotidiens. Si la facture s’alourdit, les perspectives de reprise à court terme reposent sur le tourisme et les soutiens publics. Reste à savoir si ces leviers suffiront à compenser les effets durables des inondations et de l’énergie chère.



