
Les douanes thaïlandaises ont frappé un grand coup. Le 7 octobre, près de 500 pièces d’ivoire africain ont été découvertes dans des conteneurs au port de Laem Chabang, à Chonburi. La cargaison, dissimulée dans des troncs de bois en provenance de Zambie, était destinée au marché thaïlandais. Valeur estimée : plus de 100 millions de bahts.
Les agents ont agi grâce à un partage d’informations avec l’ONU (UNODC) et la Wildlife Justice Commission. Les troncs, déclarés comme bois transformé, contenaient en réalité des compartiments secrets. Les autorités ont ouvert les conteneurs et extrait 446 défenses ainsi que des restes d’animaux non identifiés. Des tests ADN sont en cours pour déterminer l’origine exacte.
Un trafic aussi lucratif que la drogue
Avec une valeur dépassant les 100 millions de bahts pour une seule cargaison, le trafic d’ivoire rivalise avec les revenus du commerce de stupéfiants. Les réseaux transnationaux utilisent les mêmes routes, les mêmes méthodes de dissimulation et les mêmes circuits financiers. Les enquêteurs estiment que les marges générées par l’ivoire sont comparables à celles de la cocaïne ou de l’héroïne, mais avec des risques judiciaires souvent moindres.
Une bonne élève de la CITES
La Thaïlande, longtemps critiquée comme point de transit, veut montrer qu’elle est désormais une bonne élève de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées). Le ministre de l’Environnement, Suchart Chomklin, a rappelé que le pays coopère étroitement avec les agences internationales pour bloquer les filières et éviter que la Thaïlande ne serve de hub au trafic d’animaux sauvages.
Le Département des parcs nationaux et des douanes travaille main dans la main avec Interpol et des experts pour identifier les réseaux. Si des liens avec le crime organisé sont confirmés, l’affaire pourrait être transférée au Département des enquêtes spéciales (DSI), permettant la saisie des avoirs criminels.
Un signal fort
Cette saisie record illustre la détermination des autorités à lutter contre un trafic qui menace directement la survie des éléphants africains. Plus de 20 000 pachydermes sont tués chaque année pour leurs défenses. En interceptant ces cargaisons, la Thaïlande envoie un message clair : elle ne veut plus être complice d’un commerce aussi destructeur que lucratif.



