
Bangkok – Le ministère du Travail a présenté au Cabinet deux propositions majeures : l’extension de la couverture sociale obligatoire à de nouvelles catégories de travailleurs et le renforcement de la législation sur les violences domestiques.
Vers une protection élargie
Actuellement, les employés agricoles, les travailleurs des vendeurs ambulants et les employés domestiques ne bénéficient pas de la couverture prévue par la Section 33 de la loi sur la sécurité sociale. Le ministre du Travail, Julapun Amornvivat, souhaite combler cette lacune. Si le décret d’urgence est approuvé, il entrera en vigueur 180 jours après sa publication au Royal Gazette. Les cotisations seraient partagées entre employeurs, salariés et État, offrant une sécurité financière accrue à des millions de travailleurs souvent précaires.
Cette réforme s’inscrit dans la volonté du gouvernement de réduire les inégalités et de rejoindre la Coalition mondiale pour la justice sociale, une initiative de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Violences domestiques : un cadre renforcé
Le Cabinet examinera également des amendements à la loi sur la protection des victimes de violences domestiques. La définition de ces violences serait élargie pour inclure, en plus des abus physiques, psychologiques et sexuels, l’abus économique. Les affaires ne pourraient plus être réglées par « compromis », souvent au détriment des victimes, et les récidivistes ou auteurs visant des enfants de moins de 18 ans encourraient des peines plus lourdes.
Julapun souligne que ces modifications donneront aux autorités des moyens plus clairs pour intervenir rapidement, améliorer la coordination entre agences et créer une base de données nationale des cas. L’objectif est de garantir une protection efficace et conforme aux standards internationaux.
Un enjeu de société
Le ministre rappelle que les violences domestiques restent fréquentes en Thaïlande et que leur reconnaissance dans toutes leurs dimensions est essentielle pour assurer la sécurité des familles. En parallèle, l’intégration des travailleurs agricoles, ambulants et domestiques dans le système de sécurité sociale marquerait une avancée sociale majeure, en élargissant la protection à des secteurs longtemps laissés de côté.
Un double signal politique
Ces deux réformes traduisent la volonté du gouvernement de renforcer la justice sociale et de protéger les plus vulnérables. Elles visent à consolider la confiance des citoyens dans les institutions, tout en montrant que la croissance économique doit aller de pair avec la protection des droits fondamentaux.



