
Bangkok, 28 août 2026 – La police thaïlandaise a annoncé la saisie de 7 872 armes à feu lors d’une opération nationale de quinze jours, menée du 12 au 26 août. Parmi elles, 7 145 étaient illégales, 711 enregistrées et 16 de type militaire. L’opération, ordonnée par le Premier ministre et ministre de l’Intérieur Anutin Charnvirakul, visait à renforcer le contrôle des armes, des munitions et des explosifs, aussi bien dans les points de vente physiques que sur les réseaux sociaux.
Une campagne d’envergure
Au total, 7 261 affaires ont été enregistrées et 752 suspects arrêtés. Les saisies comprennent près de 60 000 munitions et plus de 340 engins explosifs. Les contrôles ont eu lieu sur le terrain, dans les checkpoints routiers, mais aussi en ligne, où 909 armes ont été confisquées.
Un résultat impressionnant… mais relatif
Si le chiffre peut sembler élevé, il reste minime comparé à la réalité du pays. Selon le Small Arms Survey, la Thaïlande compte environ 10,3 millions d’armes civiles, dont 4 millions illégales. Autrement dit, les saisies de ces deux semaines représentent à peine 0,2 % du stock clandestin. Avec 15 armes pour 100 habitants, la Thaïlande est le pays le plus armé d’Asie du Sud‑Est.
Les failles persistantes
Les experts pointent du doigt les programmes de « welfare guns », qui permettent aux fonctionnaires d’acheter des armes à prix réduit et qui alimentent parfois le marché noir. Les ventes en ligne et les armes factices modifiées échappent aussi largement aux contrôles. Les fusillades récentes rappellent que le danger ne vient pas seulement des armes illégales : des armes enregistrées, présentes dans les foyers, peuvent être détournées ou utilisées par des mineurs.
Une lutte de longue haleine
Le général de police Thana Chuwong a salué l’engagement des forces de l’ordre et encouragé la population à signaler toute activité suspecte via les numéros d’urgence 191 et 1599. Mais la question reste entière : comment réduire durablement l’accès aux armes dans une société où elles sont si répandues ?
Ainsi, la saisie de près de 8 000 armes en quinze jours illustre la détermination des autorités, mais aussi l’ampleur du défi. Dans un pays où 4 millions d’armes illégales circulent librement, chaque opération reste une victoire symbolique plus qu’un véritable tournant.



