
La province de Chon Buri est au cœur de deux scandales environnementaux majeurs. À Laem Chabang, les autorités ont intercepté plus de 200 tonnes de déchets électroniques dissimulés dans des conteneurs, tandis qu’à Bo Thong, une usine chinoise est accusée d’avoir enterré 700 tonnes de déchets industriels. Deux affaires distinctes mais tout aussi graves, qui soulignent la vulnérabilité du pays face aux trafics et aux pratiques illégales.
E‑waste au port de Laem Chabang
Alertés par le réseau international Basel Action Network, les inspecteurs du Département de contrôle de la pollution ont ciblé dix conteneurs suspects. Six d’entre eux contenaient des cartes électroniques mélangées à de la ferraille, en violation des règles d’importation. La cargaison, d’une valeur de 12,39 millions de bahts, avait été déclarée comme simple aluminium. Le ministère de l’Environnement a promis de renforcer la coopération internationale pour empêcher la Thaïlande de devenir une décharge mondiale.
700 tonnes enterrées à Bo Thong
Dans le district de Bo Thong, les autorités ont découvert des sacs géants remplis de sable de moulage usagé, enfouis près de l’usine Jinjiale (Thailand) Co, spécialisée dans les gazinières. Les premiers tests ont révélé des traces de plomb, laissant craindre un déchet dangereux. L’usine, non enregistrée comme l’exige la loi, a été contrainte de suspendre ses activités. Le maire de That Thong, Damrong Dijerwongkul, a mené l’inspection après des plaintes de riverains. Le ministre de l’Industrie, Varawut Silpa‑archa, a ordonné des poursuites pour exploitation illégale, enfouissement non autorisé et possession de substances dangereuses.
Un signal d’alarme pour la Thaïlande
Ces deux affaires montrent que les trafics de déchets ne se limitent pas aux ports internationaux : ils touchent aussi les zones industrielles locales. Les risques sont multiples : pollution des sols, contamination des nappes phréatiques et atteintes à la santé publique. Elles révèlent également les failles du système de contrôle, entre fausses déclarations à l’importation et usines opérant sans licence.
Par ailleurs, une large part des usines qui rejettent leurs déchets toxiques dans l’environnement thaïlandais sont d’origine chinoise. On ne sait pas si Pékin tolérerait que des entreprises étrangères viennent enfouir leurs résidus polluants sur son propre territoire.
Vers une réponse plus ferme
Le gouvernement promet de durcir les inspections et de renforcer la transparence dans la gestion des déchets. Les résultats des analyses détermineront la nature exacte des infractions, mais les autorités locales et nationales insistent déjà sur la nécessité de sanctions exemplaires.
Qu’il s’agisse de conteneurs remplis de cartes électroniques ou de tonnes de sable industriel enterrées à la hâte, les deux affaires de Chon Buri sont tout aussi importantes. Elles rappellent que la Thaïlande doit rester vigilante pour ne pas devenir le maillon faible du trafic mondial de déchets et pour protéger ses citoyens contre les pollutions invisibles mais durables.



