
Bangkok – La médecine thaïlandaise vient de franchir une étape historique. Le 24 août, des chirurgiens de Bangkok ont réalisé une opération robotisée à distance sur un patient hospitalisé à Nakhon Ratchasima (Korat), à plus de 250 kilomètres. C’est la première téléchirurgie robotisée effectuée dans le pays, saluée par le ministre de la Santé publique Pattana Promphat comme un jalon majeur pour l’accès aux soins avancés.
Une prostate opérée à distance
À l’hôpital Maharat Nakhon Ratchasima, les docteurs Nipon Suparattanachart et Thanathorn Termkraisri ont pris en charge un patient atteint d’un cancer de la prostate. Mais c’est depuis l’hôpital Nopparat Rajathanee, à Bangkok, que le docteur Peeradon Sapermsap a contrôlé le robot chirurgical. L’intervention s’est déroulée avec succès, démontrant la fiabilité du système.
Réduire les inégalités de soins
Pour le secrétaire permanent à la Santé, Somrerk Chungsaman, cette avancée permet aux hôpitaux provinciaux de renforcer leurs compétences et d’offrir des soins de pointe sans obliger les patients à se déplacer vers la capitale. Le programme doit s’étendre progressivement aux réseaux hospitaliers régionaux, afin de réduire les inégalités d’accès aux traitements complexes.
Une technologie déjà éprouvée
Depuis décembre 2025, l’hôpital Nopparat Rajathanee a mené 52 opérations robotisées, toutes réussies. Les spécialités concernées sont la gynécologie (cancers de l’utérus et des ovaires), la chirurgie générale (pancréas, estomac, côlon) et l’urologie (prostate, reins). Mais l’intervention du 24 août 2026 est considérée comme une première nationale pour une raison précise : jusque‑là, les chirurgiens manipulaient directement le robot dans la même salle que le patient. Cette fois, l’opération a été réalisée à distance, avec un chirurgien basé à Bangkok contrôlant le robot installé à l’hôpital de Korat, à plus de 250 kilomètres.
Autrement dit, ce n’est pas la technologie robotisée en elle‑même qui est nouvelle – elle est déjà utilisée depuis près de deux ans – mais bien la téléchirurgie, reliant deux hôpitaux distincts. C’est la première fois que le pays démontre qu’il peut opérer un patient provincial en temps réel grâce à un système robotisé piloté depuis la capitale.
La Thaïlande avait déjà expérimenté la téléchirurgie transfrontalière avec la Chine : en avril et juin, des chirurgiens de Chengdu avaient opéré à distance des patients thaïlandais pour des calculs biliaires et un cancer de la prostate.
Un modèle pour l’avenir
Le ministre Pattana insiste : cette réussite doit servir de modèle pour déployer la technologie dans les provinces. L’objectif est double : améliorer la qualité des soins et former les équipes locales à des pratiques de haut niveau. À terme, la téléchirurgie pourrait permettre de traiter des patients dans des zones reculées, tout en bénéficiant de l’expertise des grands centres hospitaliers.
Plus qu’une prouesse technique, c’est une réponse concrète aux inégalités territoriales en matière de santé. Si le programme se déploie à l’échelle nationale, il pourrait transformer l’accès aux soins spécialisés et positionner la Thaïlande comme pionnière en Asie du Sud‑Est.



