
La municipalité de Bangkok (BMA) vient de lancer une initiative inédite : la distribution gratuite de couches pour adultes aux patients alités et aux personnes dépendantes. L’inscription se fait via l’application Traffy Fondue, avec une première livraison prévue le 1er octobre.
Selon la vice‑gouverneure Tavida Kamolvej, le dispositif vise à améliorer la qualité de vie des malades souffrant d’incontinence ou de handicaps lourds. Les bénéficiaires doivent fournir un certificat médical, puis sont visités par des agents de santé et des travailleurs sociaux avant de recevoir trois couches par jour. La BMA dispose d’un stock initial de 7 000 unités, en attendant un système plus large coordonné avec l’Office national de sécurité sanitaire dès janvier 2027.
Cette mesure s’inscrit dans une logique de bien‑être et de dignité pour les personnes âgées ou dépendantes. Elle répond à un besoin réel dans une société où le vieillissement de la population est rapide et où les familles assument souvent seules le poids des soins. Les autorités mettent en avant un soutien concret aux aidants, qui voient leurs charges quotidiennes allégées.
Mais l’initiative révèle aussi une contradiction. Alors que le gouvernement affirme vouloir encourager la natalité, aucune mesure équivalente n’est prévue pour les nourrissons. Les couches pour bébés, pourtant essentielles dans les premières années de vie et extrêmement dispendieuses, restent à la charge des familles. En ne prolongeant pas le dispositif aux jeunes enfants, les autorités montrent que leur priorité n’est pas réellement de soutenir les parents dans le choix d’avoir des enfants, mais plutôt de gérer les conséquences du vieillissement.
Cette orientation illustre un déséquilibre des politiques sociales : d’un côté, un effort visible pour améliorer la qualité de vie des seniors et des malades ; de l’autre, une absence de soutien matériel aux familles jeunes, malgré les discours officiels sur la nécessité de relancer la natalité. Dans un pays où le taux de fécondité est tombé en dessous du seuil de renouvellement, cette omission interroge.
Dans le monde, plusieurs pays et villes proposent des couches gratuites ou subventionnées pour bébés, principalement destinées aux familles modestes. En Californie, un programme distribue des centaines de couches à chaque nouveau‑né dans plus de 60 hôpitaux. Aux États‑Unis, le Tennessee et le Delaware offrent des allocations de couches via Medicaid. En Royaume‑Uni, des packs gratuits sont distribués aux parents de prématurés dans les pharmacies Tesco, et des aides sociales incluent parfois des couches. En Finlande et en Écosse, les célèbres baby boxes contiennent vêtements et parfois des couches. En Italie, des villes comme Bolzano, Brescia, Modène, Gorizia, Peschiera del Garda ou Terni subventionnent l’achat de couches lavables. En Japon, des kits de naissance et des distributions ponctuelles incluent des couches pour familles vulnérables. À Taïwan, des programmes municipaux et des marques offrent des packs gratuits aux parents de jeunes enfants. Enfin, en Corée du Sud, l’État verse des chèques mensuels pour couches et lait infantile, et des millions de couches ont été distribuées gratuitement aux prématurés par Yuhan‑Kimberly.
Dans l’espace francophone, plusieurs initiatives existent pour soutenir les familles avec des couches pour bébés, mais elles restent ciblées. En France, il n’y a pas de distribution nationale gratuite, seulement des aides ponctuelles via associations ou des subventions locales pour couches lavables (Rennes, Grenoble, Strasbourg). La France bénéficie d’Allocations familiales. En Belgique, Bruxelles équipe ses crèches municipales de couches lavables gratuites. En Suisse, certaines communes et associations (Caritas, Croix‑Rouge) distribuent des baby boxes contenant parfois des couches, et des enseignes comme Coop ou Müller offrent des packs gratuits aux nouveaux parents. Au Québec, Montréal a lancé des baby boxes et des partenariats privés (Pampers, Jean Coutu, Centraide) distribuent des centaines de milliers de couches aux familles vulnérables. Ces dispositifs s’adressent toujours aux foyers qui en ont le plus besoin, dans une logique sociale ou écologique.



