
Les attaques visant les téléphones portables en Thaïlande ont bondi de 127 % au premier trimestre 2026, selon les données de Kaspersky. Un paradoxe, puisque les consommateurs thaïlandais affichent le plus haut niveau de conscience du cybercrime en Asie‑Pacifique (39 %).
Cette hausse illustre un décalage inquiétant : l’usage des smartphones progresse plus vite que les protections mises en place. Téléphonie, paiements, banque en ligne, achats et communications passent désormais par le mobile, devenu une porte d’entrée privilégiée pour les cybercriminels.
Une menace régionale en expansion
La Thaïlande n’est pas seule. Taïwan a enregistré une flambée de 373 % des attaques, suivi du Sri Lanka (+132 %). Derrière la Thaïlande, le Bangladesh (+108 %), la Chine (+69 %) et les Philippines (+28 %) sont également touchés. L’Inde et l’Indonésie restent les marchés les plus ciblés en volume, avec respectivement plus de 18 000 et 15 000 attaques recensées.
Ces chiffres montrent que les menaces ne se concentrent plus uniquement sur les plus grandes économies numériques de la région. Elles s’étendent désormais à des marchés plus petits, mais tout aussi dépendants du mobile.
Conscience élevée, protection insuffisante
Malgré une vigilance supérieure à la moyenne mondiale (32 %), la Thaïlande n’échappe pas à la tendance. La sensibilisation ne suffit pas lorsque les utilisateurs dépendent de leurs téléphones pour des transactions sensibles et que les applications ne sont pas sécurisées au même niveau que les ordinateurs.
« Les smartphones sont devenus les clés de nos vies financières et sociales, mais leur protection reste trop faible », souligne Choon Hong Chee, responsable Asie‑Pacifique chez Kaspersky.
Une région ultra‑connectée
L’étude révèle que les Asiatiques utilisent davantage les services numériques que la moyenne mondiale :
- 80 % font leurs achats en ligne (contre 71 % globalement).
- 72 % recourent aux services financiers numériques (70 % dans le monde).
- 70 % consomment du divertissement digital (62 % globalement).
Avec 77 % de la population connectée et une généralisation des portefeuilles électroniques (70 % des paiements en ligne), la dépendance au mobile est appelée à croître encore. D’ici 2030, l’Asie‑Pacifique comptera plus de 2,1 milliards d’abonnés mobiles.
Vers une sécurité intégrée
Kaspersky recommande d’intégrer directement des contrôles de sécurité dans les applications bancaires, commerciales et administratives. L’objectif : protéger les utilisateurs au plus près de leurs activités sensibles, sans leur imposer de paramétrages complexes.
Alors que les menaces se multiplient, la Thaïlande illustre un paradoxe régional : une population avertie mais toujours vulnérable. La bataille contre la cybercriminalité mobile se jouera désormais autant dans les logiciels que dans les comportements.



