Surapong Intarathaworn
La Commission nationale anticorruption (NACC) a mis au jour un circuit financier de plus d’un milliard de baht lié à des suspects dans le vaste scandale des concours de recrutement de la fonction publique locale. Les enquêteurs soupçonnent même des liens avec une fraude similaire en 2021.
L’affaire concerne l’examen national de 2025 pour 6 669 postes. Selon les autorités, un réseau aurait exigé entre 350 000 et 800 000 baht par candidat pour garantir la réussite, avant de manipuler les copies numérisées dans une société de Nonthaburi. Résultat : les notes de 5 925 candidats ont été falsifiées. Les nominations de 3 404 personnes déjà en poste ont été annulées, 1 960 autres ont été retirées des listes d’éligibilité. Sur les 561 restants, 464 ont été rétrogradés et 97 font l’objet d’une enquête.
Treize suspects sont visés, dont 11 fonctionnaires locaux, l’ancien directeur général du Département de l’administration locale Teeruth Supawiboonpol et Ruengdet Sirikit, directeur du bureau de tests de l’université Srinakharinwirot. Les accusations n’ont pas encore été jugées.
Le secrétaire général de la NACC, Surapong Intharathaworn, a indiqué que l’affaire avait été regroupée avec d’autres dossiers similaires. L’Office de lutte contre le blanchiment d’argent participe au traçage des fonds. Parallèlement, le député Bhumjaithai Arsphol Suntraiphop, président de la commission parlementaire anticorruption, affirme que plus de 9 milliards de baht de transactions suspectes ont été identifiés après l’interrogatoire de 500 personnes.
Arsphol précise que les preuves atteignent des fonctionnaires de haut rang et que des politiciens seraient impliqués, sans être nommés. On ne sait pas s’ils seront poursuivis. La commission recommande de dissoudre le jury d’examen, de poursuivre les responsables et de créer un registre national interdisant définitivement aux fraudeurs d’accéder à la fonction publique.
Le dossier compte plus de 800 000 pages de preuves, mais la NACC promet des conclusions claires d’ici six mois. L’opposition, par la voix de la députée Pukkamon Nunarnan, rappelle que des fraudes similaires auraient déjà eu lieu en 2009, sous l’autorité de Chavarat Charnvirakul, père de l’actuel Premier ministre Anutin.
Anutin rejette catégoriquement toute implication, qualifiant ces pratiques de « scandaleuses ». Mais le fait que les deux départements concernés relèvent directement de son ministère de l’Intérieur alimente les soupçons, d’autant qu’une fraude à 9 milliards de bahts n’a pas pu être mise en place par de simples fonctionnaires de Nonthaburi.
Ce scandale, qui mêle argent, politique et corruption systémique, illustre la fragilité des institutions thaïlandaises et pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la fraude publique.



