
La Commission de la concurrence (TCCT) prépare un nouveau cadre réglementaire pour les plateformes de VTC et de livraison à la demande. Objectif : limiter la concentration du marché, encadrer les commissions jugées abusives et imposer plus de transparence sur les algorithmes.
Lors d’une première réunion en 2026, Warawan Chitaroon, membre de la TCCT, a validé le principe d’un document intitulé « Exigences standard pour l’écosystème des plateformes numériques de VTC et de livraison ». Une consultation publique est ouverte jusqu’au 31 août. Les règles devraient être publiées fin septembre.
Le marché a explosé depuis la pandémie : la livraison de repas a généré de nombreuses plaintes de restaurateurs et de livreurs. Entre 2020 et 2026, 17 dossiers ont été déposés auprès de la commission. Le secteur du VTC, évalué à 45 milliards de baht en 2025, pourrait dépasser 49 milliards en 2029. Plus de 400 000 « chauffeurs » y travaillent.
Mais la concurrence s’est réduite : plusieurs acteurs ont quitté la Thaïlande, laissant un duopole. Les GP fees (commissions prélevées sur les ventes), les algorithmes opaques et les pratiques de « batching » — livrer deux commandes pour un paiement réduit — sont dénoncés. Les systèmes de répartition des courses favorisent les « chauffeurs » mieux notés, tandis que des « dark patterns » poussent les utilisateurs à des choix biaisés.
Les « dark patterns » sont des astuces de design trompeuses utilisées par certaines applis ou sites web. L’idée est de pousser l’utilisateur à cliquer ou accepter quelque chose sans vraiment s’en rendre compte.
Autre problème : les taxis officiels doivent respecter des règles strictes, contrairement aux voitures privées opérant via applis, créant une concurrence jugée déloyale, même de nombreux chauffeurs de taxis travaillent également pour les applis. Les nouvelles exigences couvriront aussi la sécurité des véhicules, la vérification d’identité des prestataires et la conservation des données pour les enquêtes.
Les plateformes devront limiter les commissions, encadrer les frais publicitaires et bannir les clauses d’exclusivité. Elles devront aussi éviter l’auto‑préférence, qui consiste à mettre en avant leurs propres services au détriment des concurrents.
En parallèle, le parti Prachachat pousse les livreurs à collecter 10 000 signatures pour déposer une proposition de loi citoyenne. Le texte viserait à garantir un revenu minimum, plafonner les commissions à 15 %, instaurer des algorithmes transparents et protéger les travailleurs contre les suspensions automatiques de comptes. Les livreurs réclament aussi des boutons d’urgence et une rémunération équitable pour les livraisons groupées.
Entre encadrement public et mobilisation des travailleurs, la Thaïlande cherche à rééquilibrer un secteur devenu incontournable mais critiqué pour ses pratiques opaques et ses inégalités.



