
La Thaïlande vient de franchir une étape culturelle majeure. Lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, tenue à Busan (Corée du Sud), le temple Wat Phra Mahathat Woramahawihan, situé à Nakhon Si Thammarat, a été officiellement inscrit sur la liste du patrimoine mondial. C’est le neuvième site thaïlandais à obtenir cette reconnaissance et le tout premier dans le sud du pays.
La ministre de la Culture, Sabeeda Thaised, présente à Busan, a salué une décision qui « reconnaît le temple non seulement comme un trésor de la Thaïlande, mais comme un héritage culturel de l’humanité ». Pour marquer l’événement, le Département des Beaux‑Arts a inauguré une exposition permanente consacrée au Phra Mahathat au Musée national de Nakhon Si Thammarat.
Un carrefour spirituel et artistique
Le Wat Phra Mahathat Woramahawihan est reconnu pour sa Valeur universelle exceptionnelle. Le site témoigne de la fusion historique des traditions brahmaniques, hindoues, bouddhistes mahayana et theravada à travers l’Asie centrale et du Sud‑Est. Son architecture et ses influences artistiques reflètent des échanges avec Nalanda en Inde, Java central, le Sri Lanka et la culture mon du sud de la Birmanie. L’UNESCO souligne aussi son rôle vivant dans les traditions religieuses locales, son lien avec la danse Nora et les légendes régionales.
Une reconnaissance asiatique élargie
La Thaïlande n’est pas seule à célébrer. La session de Busan a vu l’inscription de plusieurs autres sites asiatiques majeurs :
- Sites de l’industrie artisanale de la porcelaine à Jingdezhen (Chine) : un ensemble retraçant l’évolution technique et artistique de la porcelaine du Xe au XIXe siècle, confirmant le rôle de Jingdezhen comme capitale mondiale de cet artisanat.
- Ensembles funéraires de la noblesse Xiongnu (Mongolie) : des complexes archéologiques préservant les tombes monumentales de l’élite d’un empire nomade qui domina les steppes d’Asie centrale.
- Capitales anciennes d’Asuka et Fujiwara (Japon) : sites archéologiques illustrant l’émergence de l’État impérial japonais et ses premiers modèles urbains.
- Château d’Alamūt (Iran) : forteresse médiévale perchée dans l’Alborz, cœur de l’État nizariote islamique, connu pour la légende des « Assassins ».
- Mosquées rupestres et sites sacrés de Mangystau (Kazakhstan) : espaces spirituels souterrains uniques, creusés dans la roche désertique.
- Corridor Fergana‑Syrdaria de la Route de la Soie (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan) : extension transfrontalière protégeant oasis, citadelles et infrastructures commerciales reliant la Chine à la Méditerranée.
Fierté nationale et responsabilité partagée
À Nakhon Si Thammarat, les célébrations ont rassemblé moines, responsables locaux et habitants. Le temple, centre spirituel de la province, devient désormais un symbole national de fierté et de responsabilité collective. « Ce site est un héritage pour l’humanité entière », a insisté la ministre Sabeeda Thaised.
Avec cette inscription, la Thaïlande rejoint un mouvement régional plus large où les pays d’Asie mettent en avant la richesse et la diversité de leur patrimoine. De la porcelaine chinoise aux forteresses iraniennes, en passant par les capitales japonaises et les routes caravanières d’Asie centrale, l’UNESCO rappelle que ces lieux ne sont pas seulement des témoins du passé, mais des repères vivants pour les générations futures.



