
Les autorités thaïlandaises ont annoncé avoir démantelé une partie d’un vaste réseau de blanchiment d’argent après la saisie de 23 millions de thb en liquide à Mae Sai, dans la province de Chiang Rai. L’argent, dissimulé dans des cartons à bord d’un véhicule, devait être acheminé vers un pays voisin. Mae Sai se trouve à la frontière avec la Birmanie. L’opération, menée en juin par les douanes locales, s’inscrit désormais dans une enquête plus large sur des flux financiers estimés à plus de 3,5 milliards de thb.
Le chef de l’Immigration, le général de police Noppasin Poolsawat, a confié à son équipe d’investigation la mission de travailler avec le Département des enquêtes spéciales (DSI), l’Office de lutte contre le blanchiment (AMLO), l’Office de contrôle des stupéfiants (ONCB) et le ministère de la Justice. Ensemble, ils ont confirmé, le 9 octobre, que les fonds étaient liés à des escroqueries de type call‑centre, des fraudes en ligne et des trafics de drogue transfrontaliers.
Un ressortissant birman identifié
Les enquêteurs ont attribué l’argent à un ressortissant birman surnommé “Mr Sai”, présenté comme un intermédiaire clé. Selon le DSI, ses comptes ont vu transiter plus de 2,5 milliards de thb provenant de réseaux de fraude, et plus d’un milliard lié à des activités de narcotrafic. À lui seul, il aurait manipulé plus de 200 millions via des comptes bancaires nominatifs. Les autorités prévoient de saisir ces actifs et de redistribuer une partie des fonds aux victimes.
Faux papiers et comptes bancaires
L’enquête met aussi en lumière l’utilisation frauduleuse de véritables cartes d’identité thaïlandaises et de fausses identités pour ouvrir des comptes bancaires. Ces pratiques serviraient à des groupes de “grey capital” ou « mafieux », des opérateurs de jeux en ligne et des escroqueries téléphoniques. Les autorités veulent désormais renforcer la surveillance des flux de liquidités transfrontaliers et démanteler les réseaux de blanchiment.
Une lutte de longue haleine
Cette affaire illustre la complexité des réseaux criminels mêlant escroquerie numérique et trafic de stupéfiants. Les agences thaïlandaises affirment que l’enquête se poursuivra pour identifier les complices et assécher les circuits financiers. Pour le général Noppasin, il s’agit d’un signal fort : la Thaïlande entend frapper au cœur des mécanismes de financement des gangs transnationaux. Une saisie spectaculaire, mais surtout un révélateur de l’ampleur des flux illicites qui traversent la frontière nord.



