M. Thanapol Cheewarattanaporn, président de l'Association des agences de voyages thaïlandaises (ATTA)
Le secteur touristique thaïlandais monte au créneau contre le projet de taxe de 1 000 thb sur les départs aériens à l’étranger. L’Association des agents de voyages (ATTA) a adressé une lettre officielle au ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, pour demander le report de la mesure. Selon elle, cette taxe risque de freiner la consommation, d’affaiblir les ménages et de fragiliser les petites entreprises.
Le président de l’ATTA, Thanapon Cheewaratnaporn, estime que la taxe ne doit pas être considérée comme une simple dépense de loisirs et simplement s’ajouter au « budget vacances ». Les voyages à l’étranger concernent aussi l’éducation, le travail, le commerce et l’investissement. Une charge forfaitaire de 1 000 thb pèserait davantage sur les familles modestes, les étudiants et les PME que sur les voyageurs aisés.
Autre inquiétude : l’effet cumulatif des frais déjà en vigueur. Depuis juin, les aéroports gérés par AOT ont relevé la redevance passagers internationaux de 730 à 1 120 thb. À cela s’ajoute le projet de taxe d’entrée de 450 thb pour les touristes étrangers attendus en 2027. Si toutes ces mesures s’appliquent en même temps, un passager thaïlandais pourrait voir son coût de départ grimper de près de 1 400 thb, et un visiteur étranger de plus de 1 800 thb, plus de 50 dollars, de quoi faire réfléchir.
L’association souligne aussi le mauvais timing : de nombreuses familles et PME sortent à peine des inondations qui ont endommagé maisons, véhicules et outils de travail. Ajouter une taxe supplémentaire risquerait de réduire encore le pouvoir d’achat, au moins de ceux qui doivent voyager.
Les compagnies aériennes sont également concernées. L’ATTA rappelle que la demande de voyages est sensible aux prix. Si les coûts augmentent, le taux de remplissage des avions pourrait baisser, entraînant une réduction des fréquences ou l’abandon de certaines lignes, notamment vers des marchés secondaires.
Au‑delà de l’économie, l’association insiste sur la dimension diplomatique du tourisme. En 2025, plus de 13 millions de Thaïlandais ont voyagé à l’étranger. Ces déplacements favorisent les échanges commerciaux, les investissements et les relations entre peuples. Restreindre ces flux par une taxe trop lourde pourrait affaiblir la position régionale de la Thaïlande. En soulignant ce point, l’ATTA prouve le côté ultra nationaliste du gouvernement actuel.
L’ATTA demande donc au gouvernement de réévaluer l’impact global : emploi, compétitivité, recettes fiscales indirectes et attractivité du pays. Elle propose d’explorer des alternatives fiscales moins pénalisantes pour les ménages et les PME, tout en soutenant la discipline budgétaire.
Le ministère des Finances défend pour sa part l’idée que cette taxe inciterait les Thaïlandais à voyager davantage dans leur propre pays, renforçant le tourisme domestique. Mais la polémique est lancée : entre recettes budgétaires et risques économiques, le débat sur la taxe de 1 000 thb promet de durer.



