
Le drame du cargo thaïlandais Mayuree Naree, attaqué par l’Iran le 11 mars dans le détroit d’Ormuz, continue de peser lourdement sur Bangkok. Trois membres d’équipage sont toujours portés disparus, alors que des restes humains ont été retrouvés lors d’une seconde fouille du navire. Le drame, survenu dans l’une des zones maritimes les plus sensibles du monde, pousse désormais la Thaïlande à intensifier ses démarches diplomatiques, avec Oman en première ligne.
Le cargo avait quitté les Émirats arabes unis pour l’Inde lorsqu’il a été pris pour cible par les forces iraniennes, qui affirment que le navire avait ignoré une interdiction de passage en pleine escalade régionale impliquant Israël et la coalition américaine. Vingt marins thaïlandais ont survécu et ont été secourus par la marine royale d’Oman avant de rentrer au pays le 15 mars. Mais trois hommes, travaillant dans la salle des machines, n’ont jamais été retrouvés.
Le 3 avril, la compagnie Precious Shipping a informé le ministère thaïlandais des Affaires étrangères que des restes humains avaient été découverts dans une section endommagée du navire. L’identification n’a pas encore confirmé qu’il s’agit des marins disparus. Les familles ont été prévenues et le ministère a présenté ses condoléances, tout en appelant à une désescalade régionale.
Au‑delà de l’émotion, l’affaire a pris une dimension stratégique. Le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow a rencontré l’ambassadeur d’Oman à Bangkok pour demander un soutien concret : récupération du navire échoué dans les eaux iraniennes, rapatriement des restes humains et surtout réouverture sécurisée du détroit d’Ormuz pour les cargos thaïlandais.
Car l’enjeu dépasse un seul navire. Le détroit d’Ormuz est un passage vital pour le commerce et l’énergie. Sa fermeture ou son instabilité menace directement les chaînes d’approvisionnement et la sécurité énergétique de la Thaïlande. Dans ce contexte, Oman apparaît comme un partenaire clé, capable de jouer les médiateurs et de fournir un appui logistique.
Les deux pays ont convenu de promouvoir le dialogue et la diplomatie pour éviter une aggravation des tensions. Pour Bangkok, il s’agit de garantir que ses navires puissent traverser sans risque, alors que la région reste sous haute pression.
Le drame du Mayuree Naree illustre à la fois la vulnérabilité des marins thaïlandais et l’importance cruciale du détroit d’Ormuz. En se tournant vers Oman, la Thaïlande cherche à transformer une tragédie en opportunité diplomatique.



