
Les autorités thaïlandaises ont frappé fort à Rayong. Le 16 octobre, une opération conjointe menée par le Département de contrôle de la pollution (PCD) et la police a permis de découvrir plus de 2.500 tonnes de déchets électroniques dans dix entrepôts de la société Rayong Industrial Co., Ltd., dans le district de Nikhom Phatthana.
Des entrepôts sans licence
Quelques jours plus tôt, une première inspection avait révélé que neuf des quinze bâtiments du complexe ne disposaient pas de licence d’exploitation. Cinq contenaient déjà des machines de broyage et de tri, ainsi que près de 3.000 m³ de câbles, cuivre et aluminium. Le 14 octobre, ces matériaux avaient été placés sous scellés.
Machines de traitement découvertes
Lors de la nouvelle perquisition du 16 octobre, les enquêteurs ont trouvé des équipements d’extraction et de fusion des métaux, ainsi que des déchets électroniques broyés. Quatorze échantillons de matériaux, un prélèvement de sédiments et un autre d’eau ont été collectés pour analyses. Les résultats préliminaires indiquent que ces substances relèvent de la catégorie des déchets dangereux.
Enquête élargie
Le ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, Suchart Chomklin, a ordonné une enquête approfondie. Si des liens avec des réseaux criminels transnationaux sont confirmés, le dossier sera transmis au Département des enquêtes spéciales (DSI) et à l’Office anti-blanchiment (AMLO). L’objectif : remonter toute la chaîne d’importation illégale.
Risques environnementaux et sanitaires
Les autorités craignent que le stockage et le traitement clandestins de ces déchets ne contaminent sols et cours d’eau, avec des conséquences graves pour la santé publique et les écosystèmes. Les substances identifiées pourraient être classées comme Type 3 – déchets chimiques dangereux, selon la réglementation du ministère de l’Industrie.
Vers une répression renforcée
Le PCD a saisi l’ensemble des déchets et des machines comme preuves. Une plainte a été déposée auprès de la police locale pour exploitation d’usines sans licence et possession illégale de substances dangereuses. Suchart Chomklin promet une application stricte de la loi afin de prévenir l’importation illégale de déchets électroniques, un fléau qui menace l’environnement et la population.
Par ailleurs, les autorités environnementales ont découvert près de 200 tonnes de résidus toxiques d’aluminium dans une usine abandonnée de Samut Sakhon. Un groupe interministériel, incluant le Département de contrôle de la pollution et le DSI, a inspecté le site de Na Di. Ce sous-produit de la fonderie peut libérer de l’ammoniac dangereux au contact de l’humidité. Des tests ont révélé des niveaux d’ammoniac faibles (0–5 ppm) et une eau locale au pH neutre. Les responsables exigent que les déchets soient sécurisés et que le toit endommagé soit réparé pour éviter les infiltrations. Une procédure judiciaire est en cours pour possession illégale de substances dangereuses, avec promesse d’accélérer les poursuites.
Ces affaires illustrent la montée en puissance des contrôles environnementaux en Thaïlande, où les autorités veulent montrer qu’elles ne toléreront plus les filières clandestines de recyclage.



