
Encore un retard. Le ministère des Transports a annoncé que les travaux sur la Rama 2 Road ne seront pas achevés avant mi‑2027, repoussant une fois de plus l’échéance. Officiellement, la hausse des prix du carburant et des matériaux de construction explique ce nouveau glissement. Mais pour les automobilistes et les habitants, c’est une histoire sans fin qui dure depuis plus de cinquante ans.
Une route symbole de lenteur et de drames
Surnommée « Thanon Jed Shua Khot », la route des sept générations, Rama 2 est devenue synonyme de chantier permanent. Les projets s’y succèdent : autoroute M82, extension de voies, amélioration de la chaussée, construction de l’expressway Rama 3‑Dao Khanong. Chaque tronçon est confié à un contrat différent, et aucun n’avance au rythme promis.
Les retards ne sont pas seulement une affaire de calendrier. Ils se traduisent par des accidents mortels liés aux travaux. Le plus récent, l’effondrement d’une grue en janvier, a tué plusieurs personnes et provoqué de nouvelles interruptions. Ces drames nourrissent la colère des riverains, qui réclament depuis des années une sécurisation et une livraison rapide du chantier.
Un axe vital pour le Sud
Rama 2 est la porte d’entrée vers Hua Hin, puis tout le sud de la Thaïlande. Chaque retard pénalise les voyageurs, les transporteurs et l’économie régionale. Embouteillages chroniques, ralentissements interminables, dangers liés aux zones de travaux : la route est devenue un cauchemar pour ceux qui veulent rejoindre les stations balnéaires ou les provinces méridionales.
Les commerçants et hôteliers de Hua Hin dénoncent régulièrement l’impact sur le tourisme. Les familles hésitent à prendre la route, les bus et minivans perdent des heures dans les bouchons, et les accidents ternissent l’image de la destination.
Les habitants du Sud affirment que c’est la preuve qu’ils sont méprisés par « Bangkok ».
Des promesses toujours repoussées
L’ancien ministre des Transports, Suriya Juangroongruangkit, avait assuré que les travaux seraient terminés mi‑2026. Son successeur, Phiphat Ratchakitprakarn, annonce désormais mi‑2027. Les habitants n’y croient plus. Chaque gouvernement promet, chaque ministre reporte. Est-ce que l’axe routier sera ouvert durant cette décennie ? On peut en douter.
Le coût du bitume a doublé, les entrepreneurs peinent à absorber les dépenses, et les autorités évoquent la possibilité d’ouvrir gratuitement certaines sections de l’autoroute M82 pour soulager les usagers. Mais aucune confirmation officielle n’a été donnée.
Une route devenue symbole national
Au‑delà des chiffres, Rama 2 est devenue un symbole de la lenteur administrative et des failles de gouvernance. Les retards répétés et les accidents mortels rappellent que l’infrastructure routière reste un talon d’Achille pour la Thaïlande, qui voudrait pourtant attirer plus de touristes étrangers.



