Fermeture d'une école à Bang Khen, Bangkok
Les écoles privées thaïlandaises traversent une crise sans précédent. Selon l’Association pour la coordination et la promotion de l’éducation privée (APPE), jusqu’à 80 établissements pourraient fermer leurs portes en 2026, soit bien plus que la moyenne habituelle de 30 à 50 fermetures par an. Plusieurs écoles de Bangkok ont déjà cessé leurs activités.
Coûts en hausse, inscriptions en baisse
Supaset Khanakul, président de l’APPE, pointe du doigt la flambée des coûts de fonctionnement, notamment le prix du carburant qui renchérit le transport scolaire, ainsi que la baisse des inscriptions. La concurrence des écoles publiques accentue la pression : celles-ci élargissent leurs classes à 44 élèves et maintiennent une politique d’admission ouverte, attirant de nombreux parents soucieux de réduire leurs dépenses.
Un secteur fragilisé par la concurrence
Certaines écoles privées, grandes ou petites, ne parviennent plus à tenir face à la hausse des valeurs foncières et aux contraintes réglementaires. Pour certains propriétaires, transformer les terrains en projets immobiliers devient plus rentable que de maintenir une activité éducative.
Dans le même temps, les écoles internationales connaissent une croissance rapide. Certaines écoles publiques proposent désormais des programmes spéciaux facturés 60 000 à 70 000 bahts par trimestre, ce qui pousse de nombreuses familles à franchir le pas vers les établissements internationaux, jugés plus attractifs pour un tarif légèrement supérieur.
Appel à une réforme budgétaire
Supaset Khanakul appelle le gouvernement à réduire les inégalités de financement, notamment en matière de repas scolaires. Selon lui, une véritable égalité éducative passe par une réforme de la répartition budgétaire, plutôt que par l’imposition de frais supplémentaires aux familles.
Alors que la rentrée scolaire est prévue le 15 mai, cette vague de fermetures risque de bouleverser le paysage éducatif thaïlandais. Mais les propriétaires d’écoles privées font mine d’oublier le vrai défi auquel ils font face : le déclin démographique. Avec moins d’enfants, la demande scolaire s’effondre.
Moins de naissances, moins d’élèves
La Thaïlande est entrée dans une phase de vieillissement accéléré. Le nombre de naissances est tombé sous la barre des 500 000 pour la première fois en 70 ans. Cette baisse drastique réduit mécaniquement le nombre d’élèves potentiels, fragilisant aussi bien les écoles privées que publiques. Dans les zones rurales, les autorités ont déjà dû fusionner plus de 1 200 petites écoles entre 2017 et 2023 pour réduire les coûts, ce qui complique l’accès à l’éducation pour les familles éloignées.
Un secteur scolaire en surcapacité
Avec moins d’enfants à inscrire, de nombreux établissements privés n’ont plus de raison d’être. Les écoles privées, déjà fragilisées par la concurrence et les coûts, se retrouvent sans base démographique pour survivre.



