à Oman
Les discussions menées le 16 avril entre la Thaïlande et Oman ont marqué une étape importante pour la sécurité maritime. À Mascate, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, et son homologue omanais, Sayyid Badr Albusaidi, ont réaffirmé leur volonté de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les cargos et pétroliers. Oman s’est engagé à transmettre à l’Iran des informations sur les navires thaïlandais, un geste perçu comme un signal positif dans un contexte régional tendu.
À Oman, l’islam est religion d’État et se caractérise par la prépondérance de l’Ibâdisme, une branche spécifique quasi unique au pays. Aux côtés des ibâdis, on trouve des sunnites et une minorité chiite, ce qui donne au sultanat une configuration religieuse singulière. Cette diversité, dominée par l’Ibâdisme, façonne l’identité nationale et explique en partie la politique étrangère indépendante et équilibrée d’Oman.
Sécuriser les routes commerciales
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, est régulièrement affecté par les tensions géopolitiques. Pour Bangkok, assurer le passage de ses navires est vital, tant pour ses importations d’énergie que pour ses exportations. Les deux pays ont aussi décidé de renforcer leur coopération dans des secteurs clés — énergie, logistique, agriculture, pêche et tourisme de santé — en cohérence avec la stratégie nationale « Oman Vision 2040.
Soupçons de manipulation sur le marché du carburant
Mais au-delà des enjeux diplomatiques, la Thaïlande fait face à une crise énergétique interne. Une enquête menée par le Département des enquêtes spéciales (DSI) a révélé des irrégularités dans la distribution de carburant fin mars. Plus de 7,9 millions de litres auraient été retardés en mer, certains navires attendant une hausse des prix avant de livrer. Par ailleurs, plus de 2,1 millions de litres ont été transportés par camion sans destination déclarée. Les autorités soupçonnent une stratégie coordonnée pour profiter de l’augmentation de 6 bahts par litre intervenue le 26 mars.
Un impact direct sur les finances publiques
Cette crise énergétique menace la trajectoire budgétaire du gouvernement. Le ministère des Finances, qui vise à réduire le déficit public sous les 3 % du PIB et à maintenir la dette en dessous de 70 %, pourrait être contraint de revoir son plan. La garantie de 150 milliards de bahts pour soutenir le Fonds pétrolier risque d’alourdir la dette d’un point de PIB. Déjà, la croissance prévue de 2 % pour 2026 pourrait ne pas être atteinte.
Pression fiscale et incertitudes
Le plan budgétaire prévoit une hausse progressive de la TVA : de 7 % aujourd’hui à 8,5 % en 2028, puis à 10 % en 2030. Mais si l’économie ne se redresse pas, cette augmentation pourrait s’avérer politiquement et socialement difficile à mettre en œuvre. Le ratio recettes publiques/PIB, en baisse constante depuis 20 ans, illustre la fragilité de la position fiscale du pays.


