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La conférence Prince Mahidol Award 2026 a mis en lumière une crise silencieuse, mais lourde de conséquences : la santé aux frontières thaïlandaises est en péril, faute de financements internationaux. Les experts réunis à Bangkok ont averti que l’aide étrangère, déjà réduite de manière drastique en 2025, pourrait tomber à zéro cette année. Une perspective inquiétante pour Tak, province qui accueille plus de 50 000 personnes déplacées venues du Myanmar.
La docteur Cynthia Maung, fondatrice de la Mae Tao Clinic, a rappelé que plusieurs établissements ont déjà dû fermer leurs portes. Sa clinique, ouverte depuis 1988, continue de recevoir 300 à 400 patients par jour malgré des ressources en chute libre. Pour compenser, elle coopère étroitement avec l’hôpital de Mae Sot et les hôpitaux communautaires afin d’assurer les soins essentiels et éviter les ruptures dans la prise en charge.
Le docteur Ramate Wongwilairat, directeur de Mae Sot Hospital, a expliqué que son établissement, autrefois soutenu par 30 millions de bahts d’aide étrangère, n’a reçu que 10 millions en 2025 et pourrait ne rien percevoir cette année. Face à cette situation, le système s’adapte : les hôpitaux communautaires assurent le premier tri, tandis que Mae Sot fournit un appui logistique et médical.
Pour répondre à l’afflux croissant de patients migrants, Mae Sot a lancé un projet innovant : recruter des médecins venus du Myanmar. Quatre praticiens ont déjà rejoint l’équipe, permettant la création d’une « Friendly Clinic » dédiée aux travailleurs migrants. Les consultations en langue birmane améliorent la qualité des soins et réduisent les erreurs liées aux barrières linguistiques.
Le docteur Khin Nyan Nyan souligne que cette approche facilite la communication et renforce la confiance des patients. Le modèle repose aussi sur la coopération avec des bénévoles de santé et des ONG locales, qui relient les communautés aux structures médicales.
Les intervenants ont enfin insisté sur une piste durable : permettre aux personnes déplacées de travailler légalement afin qu’elles puissent cotiser au système d’assurance santé. Les revenus générés pourraient être réinvestis dans les infrastructures médicales frontalières, renforçant ainsi l’ensemble du système de santé thaïlandais.



