Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, a démenti les rumeurs selon lesquelles la police chinoise serait invitée à patrouiller dans les hauts lieux touristiques du pays. Cette clarification intervient après le tollé suscité par les remarques de l’Autorité du tourisme de Thaïlande ( TAT ) concernant un tel arrangement.
Le Premier ministre Srettha, lors d’une visite à San Francisco, a révélé que l’intérêt du pays réside uniquement dans la collaboration avec la police chinoise pour l’échange d’informations sur d’éventuels réseaux criminels en Thaïlande.
Srettha a déclaré catégoriquement qu’aucun membre de la police chinoise ne serait stationné en Thaïlande (hors l’ambassade où des policiers sont déjà en poste comme c’est le cas dans toutes les représentations diplomatiques).
Torsak Sukvimol, le chef de la police nationale, a confirmé que la collaboration entre les deux polices ne s’étendrait pas aux patrouilles.
La controverse a été déclenchée par la déclaration de la gouverneur de la TAT, Thapanee Kiatphaibool, dimanche, mentionnant que des discussions étaient en cours entre la Thaïlande et la Chine au sujet d’un programme de patrouille conjointe. Cette annonce a suscité une vague d’inquiétude quant à la souveraineté du pays.
Le Premier ministre thaïlandais a attribué le malentendu à un problème de communication. Certains observateurs pensent que le projet existe bien et que Thapanee a simplement lancé un « ballon d’essai ».
La Thaïlande s’efforce de ressusciter son secteur touristique – le moteur essentiel de la croissance économique. Avant la pandémie, les touristes chinois représentaient la plus grosse part des arrivées étrangères.
Dans le but de donner un coup de pouce au secteur, le nouveau gouvernement a supprimé en septembre l’obligation de visa pour les Chinois pendant cinq mois.
Selon les données officielles, le nombre de touristes chinois s’élève en 2024 à 2,8 millions, ce qui reste en deçà de l’objectif du gouvernement de 4 à 4,4 millions.
Cependant, une enquête de l’agence nationale de presse ThaiPBS montre qu’à Pattaya et ailleurs les habitants expriment leur soutien aux patrouilles communes.
Rumpueng ‘Lisa’ Hamilton, présidente de la Pattaya Night Business Association, a déclaré qu’elle était d’accord avec l’idée, car elle pense que cela renforcerait la confiance des touristes chinois en termes de sécurité.
« Lorsque je parle à mes amis chinois, ils expriment leur inquiétude quant à leur sécurité et aux éventuels conflits avec la police thaïlandaise. La police thaïlandaise pourrait confondre les touristes avec d’autres Chinois impliqués dans des activités illégales en Thaïlande (les mafieux) », a déclaré Rumpueng.
Elle estime que la présence de la police chinoise contribuerait à dissiper d’éventuels malentendus et à réprimer les activités illégales des Chinois.
Jitsupa Prajongbua, une guide touristique thaïlandaise, a déclaré que cela rassurerait les touristes chinois : « Je suis convaincu que davantage de touristes chinois visiteront la Thaïlande si le concept est mis en place. »
Dans le quartier de Huay Kwang à Bangkok, qui regorge de touristes chinois, la communauté chinoise semble accueillir favorablement l’idée.
« Mon opinion est que la police thaïlandaise n’assure pas suffisamment notre sécurité. Si la police chinoise pouvait la rejoindre, cela augmenterait notre confiance. En cas d’urgence, la communication serait facile. La police chinoise fournirait certainement une aide immédiate.
Sakkasit Mungkarn, du Conseil du tourisme de la province de Trat, n’est pas d’accord, affirmant que « Trat, une province frontalière, dispose déjà de trois polices touristique, locale et frontalière pour assurer la sécurité. Nous sommes convaincus qu’elles ont les capacités nécessaires.
Les îles touristiques de Trat, telles que Koh Chang et Koh Mak, accueillent beaucoup moins de touristes chinois qu’avant le COVID-19, a-t-il déclaré donc la police thaïlandaise devrait suffire pour assurer la sécurité des touristes chinois.
