
La police thaïlandaise a frappé fort. Le 7 mai, le Bureau central d’investigation (CIB) et la Division des crimes contre les ressources naturelles ont mené une série de perquisitions dans sept provinces du royaume. Résultat : près de 10 millions de bahts de produits issus du trafic d’ivoire et de restes d’animaux sauvages ont été saisis, et neuf suspects arrêtés.
Une opération nationale
Onze sites ont été fouillés à Samut Sakhon, Uthai Thani, Kamphaeng Phet, Chumphon, Songkhla, Chonburi et Chanthaburi. Les enquêteurs ont mis la main sur 250 kilos d’ivoire africain, principalement des sections de défenses, estimées à 7,5 millions de bahts. À cela s’ajoutent 160 couteaux à manche d’ivoire, des colliers, des chapelets, des amulettes, ainsi que du matériel de découpe et de pesée. Des restes de tortue imbriquée, appelée aussi tortue à écailles ou tortue à bec, ainsi que des morceaux de fauconnet de raie ont également été retrouvés.
Un trafic bien organisé
Selon les autorités, le réseau utilisait des groupes Facebook pour écouler ses produits. Les investigations, menées pendant plus de sept mois, ont révélé un chiffre d’affaires d’environ 10 millions de bahts en dix mois. Les analyses ont confirmé que tout l’ivoire provenait d’éléphants africains, introduits clandestinement en Thaïlande via le Vietnam et les zones frontalières du Mékong.
Le trafic d’ivoire issu d’éléphants locaux n’existe plus en Thaïlande depuis fort longtemps.
Des sanctions lourdes
Les suspects encourent jusqu’à 10 ans de prison et 1 million de bahts d’amende pour commerce illégal de restes d’animaux protégés, selon la loi de 2019 sur la conservation de la faune. La possession non autorisée est également passible de cinq ans de prison.
Une menace mondiale
Les autorités rappellent que plus de 20 000 éléphants africains sont tués chaque année pour leurs défenses. Sans mesures fortes, l’espèce pourrait disparaître d’ici trente ans. La Thaïlande, signataire de la convention CITES, affirme vouloir intensifier la lutte contre ce commerce illicite.
Un signal fort
Cette opération, baptisée « Broken Ivory », illustre la volonté des autorités de briser les réseaux transnationaux. Les enquêteurs poursuivent leurs recherches pour identifier les fournisseurs vietnamiens et autres complices.
En démantelant ce réseau, la Thaïlande envoie un message clair : le trafic d’ivoire, longtemps toléré dans les circuits parallèles, sera désormais traqué avec fermeté.



