
La State Railway of Thailand (SRT) a reçu son premier prototype de train électrique de luxe conçu et fabriqué en Thaïlande. Présenté le 3 juillet, ce projet est salué comme une avancée majeure : il a été développé par des chercheurs et ingénieurs thaïlandais, en coopération avec une trentaine d’entreprises privées. Le train, plus léger de 22 %, peut atteindre 120 km/h et a déjà parcouru plus de 10 000 km en conditions réelles. Il sera testé sur des lignes touristiques de 200 à 500 km.
Un symbole d’innovation nationale
Le vice‑Premier ministre Yodchanan Wongsawat a souligné que ce prototype illustre la volonté du gouvernement de transformer la recherche en valeur économique. Fabriqué à 44 % avec des composants locaux, il coûte 30 % moins cher que les modèles importés. L’objectif affiché est de bâtir une véritable industrie ferroviaire nationale, capable de produire les 2 000 voitures nécessaires aux investissements prévus sur vingt ans.
Un contraste avec la réalité du réseau
Malgré cette vitrine technologique, le quotidien des voyageurs reste marqué par la vétusté du matériel. La plupart des trains de la SRT utilisent encore des voitures vieilles de plusieurs décennies, souvent achetées d’occasion au Japon. Ces wagons, parfois réaffectés après des décennies de service ailleurs, souffrent de problèmes de confort, de climatisation et de maintenance. Les retards fréquents et l’état des infrastructures accentuent l’image d’un réseau vieillissant.
Un secteur ferroviaire marginalisé
La Thaïlande a longtemps privilégié la route et l’automobile, au détriment du rail, et maintenant l’avion. Les investissements massifs dans les autoroutes et la production automobile ont relégué le train au rang de parent pauvre. Même les projets de trains rapides, comme celui des aéroports dans le corridor Est, restent en gare en raison de litiges financiers. Le « TGV chinois » entre Bangkok et Nong Khai n’avance que très lentement. Dans ce contexte, un prototype de luxe reste une exception, sans impact immédiat sur le quotidien des millions de passagers.
Cependant, la présentation du premier train électrique de luxe « made in Thailand » représente une réelle avancée, à la fois majeure et symbolique.



