
La lutte contre les escroqueries numériques prend une dimension internationale. Hier, l’Anti Cyber Scam Centre (ACSC) de Thaïlande a accueilli une délégation de l’Union européenne pour renforcer les réseaux d’enquête transfrontaliers et améliorer la coopération contre la criminalité en ligne.
Une rencontre stratégique
La réunion, organisée au siège de la Crime Suppression Division et présidée par le général Phutthipong Musikul, visait à échanger des renseignements sur les réseaux de fraudes transnationales. Les représentants européens ont assisté au briefing quotidien de l’ACSC et visité les unités clés, notamment celles dédiées à la coordination bancaire, à l’analyse de données et au centre d’appels recevant les plaintes.
La Thaïlande saluée pour son rôle régional
Les responsables européens ont salué la gestion du centre et souligné la place croissante de la Thaïlande comme acteur majeur dans la lutte contre les escroqueries en ligne en Asie du Sud-Est. Ils ont insisté sur la nécessité d’approfondir la coopération sécuritaire avec Bangkok et l’ASEAN, alors que les cas de fraudes explosent aussi en Europe.
Des échanges concrets
L’UE a proposé d’élargir les réseaux de partage de renseignements à ses agences nationales, d’échanger des données sur les tactiques des réseaux criminels et sur les victimes étrangères. De son côté, l’ACSC a demandé un soutien pour moderniser ses infrastructures, acquérir du matériel d’investigation avancé et renforcer la formation de ses équipes.
Une offensive plus large contre le crime organisé
Cette coopération s’inscrit dans un contexte de répression accrue. La semaine dernière, l’Anti-Money Laundering Office (Amlo) a demandé la confiscation de 13 milliards de bahts d’actifs liés à des hommes d’affaires cambodgiens et étrangers accusés de blanchiment. Parmi eux, Chen Zhi, fondateur du Prince Group, arrêté au Cambodge et extradé vers la Chine.
Un enjeu global
Avec des milliards de bahts en jeu et des réseaux transnationaux mêlant escroqueries numériques et blanchiment, la Thaïlande cherche à se positionner comme un hub régional de coopération. Pour l’UE, l’alliance avec Bangkok est stratégique : elle permet de mieux comprendre et contrer des réseaux qui ne connaissent pas de frontières.



