
La Thaïlande a prononcé 119 nouvelles condamnations à mort en 2025, selon le rapport annuel d’Amnesty International sur la peine capitale. Près de trois quarts des détenus concernés sont liés à des affaires de stupéfiants, confirmant le poids écrasant des infractions à la drogue dans le système judiciaire thaïlandais.
À la fin de l’année, 429 personnes se trouvaient dans le couloir de la mort, dont 53 femmes et 7 étrangers. Parmi elles, 313 avaient été condamnées pour trafic ou possession de drogue. Amnesty souligne que toutes les femmes, sauf une, sont incarcérées pour des délits liés aux narcotiques. Si les tribunaux continuent de prononcer la peine capitale, les exécutions restent rares : la plupart des condamnations sont commuées en prison à vie grâce aux appels ou à la clémence royale. La dernière exécution capitale remonte à 2018.
L’Asie du Sud‑Est sous les projecteurs
La Thaïlande n’est pas un cas isolé. En 2025, Singapour a exécuté 17 personnes, son plus haut total depuis 2003, presque toutes pour trafic de drogue. L’Indonésie a prononcé 68 nouvelles condamnations à mort, également majoritairement liées aux stupéfiants. La Malaisie a condamné 15 hommes mais maintient son moratoire sur les exécutions.
Au Vietnam, Amnesty recense 138 nouvelles condamnations, dont 100 pour des affaires de drogue. Le pays a réduit le nombre de crimes passibles de la peine capitale de 18 à 10, supprimant notamment l’espionnage et certains délits de corruption. À l’inverse, le régime militaire du Myanmar a élargi le champ d’application de la peine de mort via de nouvelles lois sécuritaires et électorales.
Une région en tête mondiale
Amnesty rappelle que l’Asie‑Pacifique reste la région où l’on exécute le plus au monde, loin des images de plages et bouddhisme pacifique. Les chiffres réels sont probablement bien supérieurs, en raison du secret d’État entourant les exécutions en Chine, en Corée du Nord et au Vietnam. La Chine demeure le premier bourreau mondial, avec des milliers d’exécutions estimées en 2025.
Un record mondial depuis 1981
À l’échelle globale, Amnesty a recensé 2 707 exécutions dans 17 pays en 2025, soit le plus haut niveau depuis 1981. L’Iran concentre la majorité des mises à mort, suivi par l’Arabie saoudite. Près de la moitié des exécutions connues dans le monde sont liées aux infractions de drogue.
Le rapport d’Amnesty relance le débat sur l’efficacité réelle de la peine capitale : malgré les condamnations, le trafic de drogue prospère toujours. La Thaïlande continue ainsi de prononcer de nombreuses peines de mort, mais sans aller jusqu’à leur exécution.



