
La police thaïlandaise a mené une opération coup de poing dans le district de Bang Khae, à Bangkok, où une maison avait été transformée en atelier de production de savon. Les enquêteurs du Bureau central des investigations (CIB) ont découvert que les produits étaient fabriqués à partir de déchets de savon récupérés dans plusieurs usines, avant d’être revendus en ligne à des prix dérisoires.
Des produits douteux vendus sur Internet
L’enquête a été déclenchée après des plaintes de consommateurs signalant des réactions allergiques et divers problèmes de santé liés à des cosmétiques achetés sur des plateformes de commerce électronique. Les savons étaient présentés comme « 100 % naturels » et vantés pour leurs prétendues vertus : élimination des cellules mortes, réduction de la peau grasse, traitement de l’acné ou des taches.
Une production artisanale, mais massive
La propriétaire, Nongnart, 45 ans, a reconnu avoir lancé son activité sans licence officielle. Elle expliquait avoir appris les techniques de fabrication via des vidéos YouTube, après que son fournisseur initial n’a plus pu répondre à la demande. Elle achetait des rebuts de savon entre 30 et 40 bahts le kilo, qu’elle transformait en barres parfumées vendues entre 4 et 10 bahts pièce. Pour les versions liquides, elle mélangeait les déchets avec de l’eau salée et des fragrances.
Selon la police, l’atelier pouvait produire environ 1 000 savons par jour, avec 800 à 900 commandes quotidiennes, générant près de 50 000 bahts de revenus mensuels depuis un an.
Des accusations lourdes
Les autorités ont saisi des stocks et ouvert une procédure pour fabrication et vente de cosmétiques contrefaits et non enregistrés, en violation de la loi thaïlandaise sur les produits cosmétiques. Des analyses en laboratoire doivent déterminer si les savons contiennent des substances interdites ou dangereuses.
Un avertissement aux consommateurs
La division de protection des consommateurs rappelle que les produits vendus à prix anormalement bas et accompagnés de promesses exagérées doivent éveiller la méfiance. Les autorités préviennent que d’autres inculpations pourraient suivre si les tests révèlent des composants nocifs.
Ce démantèlement illustre les risques liés au commerce en ligne de cosmétiques non certifiés, dans un marché où la demande reste forte et où les consommateurs sont exposés à des pratiques frauduleuses.



