
Les escroqueries numériques continuent de frapper durement la Thaïlande. Entre le 19 et le 25 juillet uniquement, plus de 177 millions de bahts ont été dérobés à des victimes, selon le centre anti‑cyberarnaques de la police. En une semaine, 5 716 plaintes ont été enregistrées, dont près de 80 % liées à de fausses ventes de biens ou de services.
Comment fonctionnent ces arnaques
Le schéma est souvent le même : les escrocs créent de faux sites d’e‑commerce ou des pages sur les réseaux sociaux proposant des produits attractifs à prix cassés. Les victimes paient en ligne, mais ne reçoivent jamais leur commande. Dans d’autres cas, les fraudeurs se font passer pour des recruteurs ou des investisseurs, promettant des gains rapides. Les transferts d’argent sont effectués via des comptes bancaires dits “mules”, souvent ouverts sous de fausses identités.
Une autre méthode, plus inquiétante, consiste à se faire passer pour des policiers ou des agents officiels. Les escrocs contactent leurs victimes par téléphone ou via l’application Line, les accusent de crimes imaginaires et les isolent dans des hôtels. Maintenues sous pression par des appels vidéo, les victimes sont contraintes de transférer de l’argent pour “prouver leur innocence”. Dans un cas récent, une femme a perdu près de 700 000 bahts avant que la police n’intervienne.
Qui sont les cibles ?
Les jeunes adultes, âgés de 21 à 30 ans, sont les plus vulnérables aux arnaques liées au shopping en ligne et aux usurpations d’identité. Les personnes de 31 à 40 ans sont davantage visées par les fausses offres d’emploi. Les femmes restent statistiquement plus touchées que les hommes. Les étudiants, eux, sont régulièrement ciblés par les faux policiers qui exploitent leur manque d’expérience et leur peur des autorités.
Les chiffres et les arrestations
Sur la semaine étudiée, Bangkok concentre les pertes les plus élevées (8,35 millions de bahts), suivie de Nonthaburi et Khon Kaen. Les opérations conjointes entre police et banques ont permis d’arrêter cinq suspects — deux Thaïlandais, un Chinois et deux Sud‑Coréens — et d’empêcher 22 victimes de transférer plus d’un million de bahts.
Les conseils des autorités
Les services officiels rappellent que les forces de l’ordre ne téléphonent jamais pour accuser quelqu’un ou demander des virements. Toute demande de transfert d’argent par appel ou message doit être considérée comme suspecte. Les victimes potentielles sont invitées à raccrocher immédiatement et à contacter la ligne nationale anti‑arnaques au 1441.
Avec des pertes qui dépassent les 177 millions de bahts en une seule semaine, les escroqueries en ligne s’imposent comme l’un des plus grands défis de sécurité numérique en Thaïlande. Les autorités insistent : vigilance et scepticisme sont les meilleures armes pour ne pas tomber dans le piège.



